Pourquoi fêter Saint Fraimbault, Saint Constantien et Saint Céneré ?
Chaque été, la fête commune des Saints Fraimbault, Céneré et Constantien († 16 août 550) invite les habitants de la Mayenne à se souvenir de leurs racines chrétiennes et des figures qui ont façonné l’histoire de ce département. Trop souvent oubliés, ces saints du haut Moyen Âge ont pourtant été les pionniers de l’Évangile dans nos campagnes. Ils nous rappellent qu’avant les cathédrales et les paroisses, il y eut des hommes de foi, simples, courageux et fidèles, qui ont semé la lumière de Dieu dans le sol de notre région.
Saint Fraimbault : le père spirituel du Passais
Originaire du nord de la Gaule, Saint Fraimbault choisit très tôt la vie monastique. Son désir de solitude et de prière le conduisit dans la région du Passais, autour de ce qui est aujourd’hui Lassay-les-Châteaux. Là, il fonda un ermitage qui devint peu à peu un foyer d’évangélisation et de charité. Il forma des disciples, instruisit les paysans dans la foi et établit les fondations d’une vie chrétienne durable dans cette partie du Maine.
Saint Constantien : l’évangélisateur de Javron
Quelques années plus tard, un autre moine, Saint Constantien († vers 570), fut envoyé dans le Maine par Saint Innocent, évêque du Mans. Sa mission : porter l’Évangile aux habitants de Javron et des alentours. Lui aussi choisit la vie simple, austère, au service du peuple et de Dieu. Il prêcha, baptisa, forma et soigna. Le souvenir de sa sainteté est toujours vivant dans la région, et son exemple demeure un modèle pour toute vie chrétienne.
Saint Céneré : l’ermite de Charnie, proche des pauvres
Enfin, au VIIᵉ siècle, Saint Céneré († 24 juillet 680), venu de Rome avec son frère Céneric, s’installe dans la forêt de la Charnie, près de Saulges. C’est un homme de silence et de prière, mais il est vite rejoint par les pauvres et les affligés qui viennent chercher conseil et réconfort. Céneré ne les repousse pas : il les accueille, les écoute, les nourrit.
Un oratoire s’élève à l’endroit de son ermitage. On raconte même que l’église Saint-Pierre de Saulges, ancienne et vénérable, pourrait avoir été bâtie par ses mains. Là aussi, la présence du saint a marqué la terre et les cœurs.
Pourquoi ces fêtes sont importantes aujourd’hui
Dans un monde marqué par l’oubli, l’indifférence ou le repli, célébrer nos saints locaux, ce n’est pas un geste folklorique : c’est un acte de mémoire et de foi. C’est reconnaître que notre terre n’est pas neutre, qu’elle est habitée par une histoire spirituelle que nous recevons en héritage.
Les saints Fraimbault, Constantien et Céneré ont vécu la radicalité de l’Évangile, souvent dans l’humilité et l’effacement.
Les célébrer aujourd’hui, c’est :
raviver notre foi personnelle et communautaire,
redonner sens à notre enracinement local,
transmettre à nos enfants un héritage vivant,
redécouvrir des lieux porteurs de grâce (oratoires, églises, ermitages…).
Une mémoire qui féconde l’avenir
Pour le diocèse de Laval, ces saints sont fêtés le 16 août : une belle occasion de rendre grâce, de marcher dans les pas des saints, et de renouveler notre engagement à vivre et transmettre l’Évangile en Mayenne.
Et si l’on reprenait l’habitude de fêter nos saints de pays, non pas par nostalgie, mais par espérance ?