Joseph, sacristain depuis près de 20 ans : un serviteur de l’ombre
Dans chaque paroisse, il existe des visages familiers que l’on croise sans toujours connaître l’étendue de leur mission. Joseph est de ceux-là. Depuis près de vingt ans, il est sacristain, non pas d’une seule église, mais de toute la paroisse. Un engagement humble, quotidien, et profondément enraciné dans la foi.
Un maçon appelé par la Vierge Marie
Rien ne destinait Joseph à ce service. Retraité du bâtiment, il n’avait pas mis les pieds dans un confessionnal depuis trente ans. Jusqu’à ce jour où, à Pontmain, tout a basculé. « Je croyais que le prêtre allait me mettre dehors », confie-t-il en souriant. « Mais il m’a dit que Dieu pardonne tout. » C’est là, selon ses mots, que la Vierge Marie est venue le chercher. Peu après, il devenait sacristain. « Être sacristain, c’est servir le bon Dieu. À ma mort, je pourrai dire à Dieu : ‘Me voici, je suis un simple serviteur.’ ».
Un dévouement au service de tous
Chaque matin, Joseph est là. À 9h, il ouvre les portes de l’église, prépare les objets liturgiques et veille à ce que tout soit prêt pour que la communauté puisse célébrer la messe.
Mais son service ne s’arrête pas à la porte de l’église. À la fin de la messe, Joseph prend la route pour porter la communion aux personnes âgées ou malades, celles qui ne peuvent plus se déplacer. Il devient alors un relais d’espérance, un trait d’union entre l’assemblée et ceux qui souffrent.
Au fil des ans, Joseph a formé plus de six personnes à ce ministère exigeant. Tous, en raison de l’âge ou de la santé, ont dû se retirer. Lui, il tient bon. Aujourd’hui, il transmet son savoir à Monique, dans l’espoir de passer un jour la main.
Un témoin silencieux mais essentiel
Dans une époque où les vocations se font rares, Joseph est un témoin. Non pas un homme de discours, mais de présence. Il incarne cette Église qui continue, humblement, grâce aux petites mains fidèles, à vivre et à rayonner.
Joseph ne cherche pas les honneurs. Mais ceux qui croisent son chemin savent combien son engagement est précieux. Et lorsque l’on lui demande pourquoi il continue, il répond simplement : « Parce que je sers le Bon Dieu. »