Comment être une Église de l’Espérance ? Catéchèse de Mgr Dupont à Lourdes

En cette année du jubilé de l’Espérance, que le pape François a voulu placer sous le signe de l’Espérance, Monseigneur Dupont, lors d’une catéchèse donnée à Lourdes, nous invite  à réfléchir à cette belle question : Comment être une Église de l’Espérance ?

Lourdes : là où le Ciel s’est ouvert

À Lourdes, il se passe quelque chose de particulier. C’est un lieu de grâce, de paix, un lieu « à la manière de l’autre monde ». La Vierge Marie, en apparaissant à Bernadette, a ouvert une brèche entre le ciel et la terre. Elle ne promet pas le bonheur selon les critères mondains, mais un bonheur d’un autre ordre, celui du Ciel. Et cette promesse, nous la vivons à Lourdes à travers trois expériences fondamentales :

  • La louange de Dieu, dans la prière, les processions, la messe. À Lourdes, on goûte à ce que sera la vie éternelle : une vie tournée vers Dieu, dans l’amour et l’adoration.
  • La fraternité concrète, incarnée. Lourdes est un lieu où les barrières sociales tombent, où chacun, quel que soit son état, est accueilli, regardé avec bienveillance. C’est l’Église en acte : un peuple fraternel et unifié dans la foi.
  • L’accueil des pauvretés, visibles ou cachées. Lourdes permet de déposer ses fardeaux, de vivre une rencontre avec soi-même, avec Dieu, dans une vérité libératrice. C’est là que s’expérimente une Espérance incarnée, palpable.

Noël : le mystère du Dieu fait homme

Le deuxième mot qui éclaire le chemin de l’espérance, c’est Noël. Car Noël, c’est le cœur de notre foi : Dieu s’est fait homme. Le Christ, vrai Dieu et vrai homme, est venu habiter notre humanité. Et en Lui, l’homme découvre la hauteur de sa vocation.

C’est en contemplant Jésus que nous comprenons ce qu’est vivre de l’espérance. Jésus n’a pas fait semblant d’être homme : il a grandi, il a travaillé, il a souffert. Il a aimé, pleuré, choisi, et offert sa vie. Il a assumé pleinement notre humanité, sans l’évacuer ni la mépriser.

L’espérance chrétienne n’est donc pas une fuite hors du réel : elle est l’accueil de notre vie humaine, de nos limites, de nos désirs, de nos combats, mais éclairés par la lumière de Dieu. Vivre l’espérance, c’est se laisser rejoindre par le Christ, dans nos existences ordinaires, et reconnaître en Lui le chemin vers la plénitude.

L’Église : humaine et divine, source d’Espérance

Enfin, le troisième mot, l’Église, est peut-être le plus délicat. Monseigneur Dupont le reconnaît : notre regard sur l’Église est souvent blessé, désabusé, critique. Et pourtant, l’Église est, comme le Christ, à la fois humaine et divine.

C’est une tentation fréquente que de ne voir que son côté humain – ses manques, ses lenteurs, ses faiblesses – ou au contraire de la rêver uniquement spirituelle, idéale, désincarnée. Mais l’Église est faite de gestes simples et concrets, à travers lesquels Dieu agit : les sacrements, la Parole, la fraternité, les engagements du quotidien.

C’est en vivant avec cette double lunette – humaine et divine – que nous pouvons espérer avec l’Église, et espérer pour l’Église.

Une Église du ciel sur la terre

Monseigneur Dupont nous exhorte, dans une parole pleine de tendresse et de réalisme, à ne pas faire semblant : ni de nos pauvretés, ni de notre humanité, ni de notre foi. Car c’est dans ce réel assumé, habité par Dieu, que l’Espérance se déploie.

« Être une Église de l’espérance, c’est vivre du ciel sur la terr  e. »

Voilà l’appel. À Lourdes, à Noël, dans l’Église, l’Espérance n’est pas un concept. C’est un visage, celui du Christ. Et c’est un peuple, celui que nous formons, chacun avec nos dons, nos limites, nos pauvretés… mais portés par la promesse du ciel déjà vécue ici-bas.

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