Les 14 martyrs de Laval, exécutés le 21 janvier 1794

En octobre 1792, quatorze prêtres lavallois réfractaires (qui refusaient de prêter serment à la Constitution civile du clergé) sont emprisonnés au couvent de Patience où ils ne bénéficient que de deux heures de visite par mois. Ne sont admis à les voir que les frères et sœurs obligatoirement assistés par le concierge du lieu.

 

Le 13 décembre 1793, la guillotine est installée à Laval, place du Blé (actuelle place de la Trémoille) près du Tribunal révolutionnaire.

 

À partir du 9 janvier 1794, tous les cultes sont interdits en France. L’église de la Trinité de Laval est transformée en « étable et magasin de fourrage » pour l’armée, puis, plus tard, en Temple de la Raison.
Le 21 janvier 1794, à 8h30, les quatorze prêtres franchissent le seuil du tribunal où ils vont être jugés par la Commission révolutionnaire. Dix marchent péniblement et quatre sont dans une charrette ; cinq d’entre eux ont plus de 70 ans.

 

L’accusateur public, Volcler, un ancien prêtre apostat, leur demande une dernière fois de prêter serment. « Aidé de la grâce de Dieu, je ne salirai pas ma vieillesse », lui répond le Père Philippot, 78 ans.
« Quoi, c’est toi Volcler qui demande ma mort ? Toi que j’ai accueilli dans ma maison, admis à ma table, que j’ai tendrement aimé…», ajoute le père Migoret.
Ils sont exécutés après avoir été empêchés par leurs gardiens de chanter ensemble un dernier « Salve Regina« . Ils seront suivis de 5 vendéens qui comparaissaient eux aussi en tant qu’ennemis de la République.
Les 4 juges, dont 2 prêtres renégats, qui assistent à l’exécution de la fenêtre d’un immeuble voisin, boivent un verre de vin rouge à chaque tête qui tombe et encouragent la foule à crier avec eux: «Vive la République, à bas la tête des calotins ! ».

 

Les corps des 14 prêtres, tout comme les défunts du moment, sont jetés dans une fosse commune, à Avesnières, dans une lande nommée « La Croix Bataille » sur la route d’Entrammes.
Dès le jour de leur exécution, les prêtres sont vénérés comme des martyrs ; on envoie des enfants tremper des mouchoirs dans leur sang.

Les martyrs de Laval – partie d’une peinte de Adeline Neveu – évêché de Laval.

En 1803, un rapport de gendarmerie signale des pèlerinages, allant de 50 à 600 personnes, à « La Croix Bataille« , près de la fosse commune où ils ont été ensevelis.

 

Le 6 août 1816, suite aux démarches du curé d’Avesnières, les corps des 14 martyrs sont exhumés et déposés dans la chapelle Saint Roch du cimetière paroissial d’Avesnières.

 

Le 9 août, ils sont transférés dans le transept sud de la basilique d’Avesnières, au pied d’un monument. Une chapelle expiatoire est dressée à « La Croix Bataille » à la mémoire du prince de Talmont et des autres victimes de la Révolution. Le bâtiment est détruit en 1869.

En 1945, Max Ingrand dessine un vitrail pour la basilique. Les 14 prêtres y sont symbolisés par 14 palmes.

Le 19 juin 1955, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) béatifie les 14 prêtres ainsi qu’un curé et quatre religieuses également guillotinés en 1794. Les corps sont transférés dans le chœur de la basilique.

Icône des Martyres de Laval – écrite par P Didier Thirault
Liste des martyrs de Laval
 
  • Jean-Baptiste Turpin du Cormier, curé de la Trinité, 64 ans.
  • Jacques André, curé-doyen de Rouessé-Vassé, 50 ans.
  • André Duliou, curé de Saint-Fort, 66 ans.
  • Louis Gastineau, chapelain des forgerons du Port-Brillet, 66 ans.
  • François Migoret-Lamberdière, curé de Rennes-en-Grenouille, 65 ans.
  • Julien Moulé, curé de Saulges, 77 ans.
  • Auguste-Emmanuel Philippot, curé de la Bazouge-des-Alleux, 77 ans.
  • Pierre Thomas (1729-1794), né au Mesnil-Rainfray dans la Manche, ancien prêtre et aumônier des Augustines de l’hôpital de Château-Gontier, 75 ans.
  • Jean-Marie Gallot, sous-chantre de la Trinité et chapelain des religieuses bénédictines, 46 ans.
  • Joseph Pellé, prêtre habitué de la paroisse de la Trinité et chapelain des religieuses clarisses de Patience, 74 ans.
  • Jean-Baptiste Triquerie, franciscain, né à Laval, chapelain des religieuses du monastère de Buron, près de Château-Gontier, 57 ans.
  • René-Louis Ambroise, prêtre habitué de la paroisse de la Trinité, 74 ans.
  • Julien-François Morin de la Girardière, prêtre habitué de Saint-Vénérand, 61 ans.
  • Francis Duschesne, un des chapelains de Saint-Michel de Laval, 58 ans.
Peinture des Martyrs de Laval – Livache- cathédrale de Laval

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