Entretien avec Mgr Dupont lors de la visite pastorale à Sainte-Bernadette de Bellebranche
À l’occasion de sa visite pastorale dans la paroisse Sainte-Bernadette de Bellebranche, Mgr Dupont, évêque du diocèse de Laval, a accordé une interview dans l’église de Bierné. L’occasion de revenir sur plusieurs sujets d’actualité diocésaine : la place de la Vierge Marie dans la foi chrétienne, le rôle du conseil pastoral diocésain, le sens des visites pastorales et l’attention portée aux plus fragiles et aux serviteurs du bien commun.
Prier Marie
Interrogé sur une récente note du dicastère pour la Doctrine de la foi, intitulée Mater Fidélis, Mgr Dupont a rappelé l’importance de la précision théologique dans les termes employés pour parler de la Vierge Marie. Les expressions de « corédemptrice » ou de « comédiatrice », bien que pouvant être comprises correctement, comportent selon lui une ambiguïté : « Il n’y a qu’un unique Rédempteur et un unique Médiateur, Jésus-Christ. »
Pour autant, cette clarification ne diminue en rien la place singulière de Marie dans l’histoire du salut. « Nous prions avec Marie, et non à la place du Christ », souligne l’évêque. Il rappelle que la Vierge a participé de manière unique au plan du Salut et qu’elle nous conduit toujours vers son Fils. Le message de l’apparition de Pontmain — “Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps” — en est une illustration très concrète. Le diocèse aura d’ailleurs l’occasion de prier ensemble Marie le 17 janvier prochain, à l’occasion du 155ᵉ anniversaire de cette apparition.
Le conseil pastoral diocésain : une Église plus synodale
Mgr Dupont est également revenu sur le conseil pastoral diocésain, instance voulue par le synode diocésain. Ce conseil, composé de fidèles aux profils variés, a pour mission d’éclairer l’évêque dans les grandes orientations de la vie diocésaine et même d’évaluer son ministère.
Le thème de travail de la dernière session portait sur les catéchumènes. « La question n’était pas seulement de savoir comment les accompagner, mais quel signe Dieu nous envoie à travers eux », explique l’évêque. Cette réflexion ouvre un appel à la conversion des communautés paroissiales, invitées à ajuster leur manière de vivre et d’accueillir. Les décisions concrètes viendront plus tard, dans un travail conjoint avec le conseil presbytéral, afin de discerner sans précipitation.
Les visites pastorales : un rythme désormais bien installé
Engagé depuis un peu plus d’un an dans les visites pastorales, Mgr Dupont en a précisé le sens : « Ce n’est pas un événement ponctuel, mais une modalité normale de gouvernement du diocèse. » L’objectif est de visiter l’ensemble des paroisses sur cinq ans, à raison de quatre visites par an, dans un dialogue constant avec les prêtres et les fidèles.
Le choix des paroisses repose sur plusieurs critères : la stabilité des équipes sacerdotales, le dynamisme local, certaines initiatives missionnaires ou encore des enjeux futurs de coopération entre paroisses.
Trois expériences fondamentales
Chaque visite pastorale est construite autour de trois expériences essentielles :
une expérience missionnaire d’annonce du Christ,
une expérience de prière et de louange communautaire,
une expérience de rencontre et de service auprès des plus pauvres.
Pour l’évêque, ces dimensions ne sont pas exceptionnelles : « Ce que je vis avec les paroissiens pendant la visite fait partie de la vie ordinaire d’une paroisse. »
Soutenir ceux qui servent
Enfin, Mgr Dupont a évoqué son attention particulière aux corps de métier engagés au service de la population, comme les gendarmes et les pompiers. Récemment présent à leurs côtés pour la Sainte-Geneviève et la Sainte-Barbe, il a salué leur engagement discret, leur disponibilité et leur rôle essentiel : « Ils sont souvent les premiers, et parfois les derniers secours face à la détresse humaine. »
Ces rencontres sont pour lui l’occasion d’un soutien spirituel mais aussi d’une écoute attentive, car ces professionnels sont, selon ses mots, « de véritables sentinelles de notre société ».