Bicentenaire du bienheureux Antoine Chevrier : deux prêtres du diocèse engagés au Prado

Le 16 avril 2026 marque le bicentenaire de la naissance du bienheureux Antoine Chevrier. À cette occasion, le Diocèse de Lyon célèbre également les quarante ans de sa béatification, proclamée le 7 octobre 1986 par Jean-Paul II à la chapelle du Prado. L’année 2026 est ainsi proposée comme une « Année Antoine Chevrier » pour les membres de la famille du Prado et leurs amis. Dans le Diocèse de Laval, deux prêtres : Michel Barrier et Maurice Carré sont membres du Prado et partagent parmi nous leur engagement avec quelques laïcs, diacres et prêtres.

Né en 1826 à Lyon dans une famille modeste liée à l’industrie de la soie, Antoine Chevrier est ordonné prêtre en 1850. Il devient vicaire à la paroisse Saint-André, dans le quartier populaire de la Guillotière, alors marqué par la pauvreté et les profondes mutations sociales du XIXᵉ siècle. Touché par la misère matérielle et spirituelle des populations ouvrières, il consacre son ministère à l’évangélisation des plus pauvres.

Un événement spirituel décisif marque sa vie lors de la nuit de Noël 1856. En méditant sur la pauvreté de la naissance du Christ, il fait l’expérience d’une conversion intérieure. Il comprend alors qu’annoncer l’Évangile suppose de partager la condition des pauvres et de vivre dans la simplicité. Dès lors, il choisit de suivre plus étroitement le Christ dans la pauvreté et l’humilité afin de mieux servir les hommes.

Convaincu que « les pauvres ont droit à tout l’Évangile », Antoine Chevrier accueille des enfants dans la salle de bal du Prado pour leur apprendre qui est Jésus-Christ. Pour lui, il faut faire le catéchisme pour éclairer l’intelligence, toucher le cœur et conduire à la mise en pratique. Sa méthode pastorale se résume en trois verbes : Connaître Jésus-Christ et le faire connaître, l’aimer, et le suivre de plus près.

Il fonde l’œuvre du Prado pour former des apôtres, en particulier des prêtres pauvres pour les pauvres. Il accompagne également des laïcs et des religieuses engagés dans cette mission. Sa spiritualité est résumée dans le « tableau de Saint-Fons », qui relie trois dimensions essentielles de la vie chrétienne : la crèche, signe de pauvreté ; la croix, signe du don total ; et le tabernacle, signe de la charité.

Aujourd’hui encore, son héritage spirituel demeure vivant. Dans l’Eglise universelle, les prêtres, les sœurs et les frères laïcs consacrés, ont accueilli dans la famille du Prado des diacres et leurs épouses et des laïcs. Ils s’efforcent de vivre cette spiritualité pradosienne en s’enracinant dans une relation profonde à l’Évangile et dans un ministère concret au milieu des hommes. À la suite du père Chevrier, ils cherchent à connaître et aimer toujours davantage le Christ, convaincus que l’Esprit Saint façonne en eux l’image du Seigneur pour la mission.

Leur vie spirituelle est nourrie par la méditation régulière de l’Évangile, mais aussi par la lecture des Actes des Apôtres et des lettres de Paul de Tarse, que le fondateur du Prado recommandait pour approfondir la connaissance du Christ. Cette spiritualité se veut à la fois contemplative et apostolique. Disciples du Seigneur, ils cherchent à se conformer à lui dans une vie simple et donnée, afin d’être des prêtres disponibles pour tous, particulièrement pour les plus pauvres.

Leur ministère s’exerce au cœur de la vie diocésaine, en communion avec leur évêque et en fraternité avec les autres prêtres. Dans l’esprit du Prado, ils relisent ensemble leur mission à la lumière de l’Évangile et s’encouragent mutuellement à devenir, selon l’expression du père Chevrier, des prêtres « donnés », appelés à annoncer aux plus petits le trésor de l’Évangile.

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