[AVENT] Retrouver le silence qui prépare la joie de Noël

Le diocèse poursuit sa série de méditations pour accompagner la marche vers la Nativité. À l’approche de Noël, cette dernière semaine souvent bousculée par l’effervescence des préparatifs nous invite pourtant à revenir à l’essentiel. À travers cette méditation, le père Franck Viel, vicaire épiscopal, nous rappelle que nous sommes tous appelés à retrouver le silence intérieur qui permet d’accueillir la joie profonde de la naissance du Sauveur.

Noël, un mystère de silence au cœur du tumulte

À quelques jours de la fête de la Nativité, les maisons, les rues et parfois même les cœurs s’agitent. Cette agitation peut détourner du sens profond de ce qui s’annonce. Noël demeure avant tout un mystère de silence : le calme de Bethléem, la paix de la nuit sainte, la douceur d’un Dieu qui se fait proche. Même si les anges chantent l’annonce de la naissance, leurs voix semblent s’accorder à la tranquillité de cette nuit où le ciel touche la terre.

Pour aider à entrer dans ce mystère, la liturgie offre la possibilité unique de célébrer quatre messes de Noël, toutes différentes : la messe de la veille, centrée sur l’annonce des anges ; la messe de la nuit, liée aux bergers ; la messe de l’aurore, qui rayonne de la lumière naissante ; et la messe du jour, qui proclame le prologue de saint Jean : « Le Verbe s’est fait chair. » Quatre manières de déployer la grandeur du mystère de l’Incarnation.

« Je vous annonce une grande joie » : accueillir le don de Dieu

Pour beaucoup, c’est la messe de la nuit qui demeure la plus familière. Elle raconte la naissance de Jésus à Bethléem et l’appel des bergers, ces pauvres qui attendaient patiemment la venue du Messie. L’Évangile rapporte leur étonnement et leur joie lorsque l’ange proclame :
« Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple. »

Cette joie n’est pas celle du monde, souvent éphémère ; elle est un don de Dieu, offert à qui veut bien l’accueillir. Chacun est invité à se reconnaître dans ces bergers dont le cœur s’élance vers la crèche dès qu’ils entendent la nouvelle. Leur hâte devient un modèle : désirer, nous aussi, nous approcher de l’Enfant, nous laisser toucher par la joie qu’il apporte.

Devant la crèche : laisser naître le Christ en son cœur

La crèche installée dans nos maisons devient un lieu privilégié pour entrer dans cette attente. Quelques minutes de silence devant elle peuvent suffire pour contempler le mystère : l’Enfant couché dans la mangeoire est Dieu lui-même, tendresse infinie venue jusqu’à nous.

Une parole d’Angélius Silésius éclaire cette démarche : « Jésus pourrait naître mille fois à Bethléem ; s’il ne naît en ton cœur, cela ne sert à rien. » L’événement historique de la Nativité n’a eu lieu qu’une fois, mais il peut se renouveler intérieurement, aujourd’hui encore, dans chaque vie qui s’ouvre à sa présence.

C’est l’espérance de cette dernière semaine : que le Christ naisse ou renaisse dans le cœur de chacun, qu’il y dépose sa paix et sa joie véritable. Une joie qui ne passe pas, parce qu’elle vient de Dieu. Joyeux Noël à tous.

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