Une exposition à Saint-Denis-du-Maine sur les martyrs du Japon
À Saint-Denis-du-Maine, la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier propose au public une exposition intitulée « Takashi et Midori Nagai, de la puissance de l’atome à la puissance de l’amour ». Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de l’exposition organisée l’an dernier à Paris à l’occasion du 80ᵉ anniversaire de la tragédie du 9 août 1945 à Nagasaki, par l’association Art sacré II présidée par Mgr Jean-Louis Bruguès.
Encouragée notamment par Mgr Joseph M. Takami, archevêque émérite de Nagasaki, ainsi que par le Nagasaki City Takashi Nagai Memorial Museum et son directeur Tokusaburo Nagai – petit-fils de l’auteur des Cloches de Nagasaki – cette exposition souhaite faire mieux connaître en France, et tout particulièrement dans le diocèse de Laval et à proximité du sanctuaire de Pontmain, la figure du médecin japonais Takashi Nagai et celle de son épouse Midori. Leur témoignage de foi, marqué par l’épreuve de la bombe atomique, a profondément marqué l’histoire spirituelle du Japon contemporain. Leur cause de béatification a d’ailleurs été introduite à Rome il y a quelques années.
Après le succès de l’exposition consacrée en 2019 à saint Vincent Ferrier, la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier poursuit ainsi son travail de mise en valeur du patrimoine spirituel de l’Église. L’exposition permet de découvrir une page d’histoire chrétienne récente du Japon, tout en rappelant un lien plus ancien entre Nagasaki et la Mayenne : celui des vingt-six martyrs japonais crucifiés à Nagasaki en 1597.
Autour de saint Paul Miki, prédicateur jésuite renommé, ces martyrs comptaient deux autres jésuites, six franciscains, douze laïcs et cinq adolescents. Béatifiés en 1627 par le pape Urbain VIII puis canonisés en 1862 par Pie IX, ils sont devenus un symbole majeur de la fidélité chrétienne au Japon. Leur mémoire s’est progressivement répandue en France, notamment à Paris, Cambrai, Saint-Brieuc et Pontmain.
Dans la paroisse de Pontmain, l’abbé Michel Guérin – dont la cause de béatification est aujourd’hui en cours – contribua largement à diffuser leur dévotion. Pendant la guerre de 1870, il invita les fidèles à réciter la « couronne des vingt-six martyrs japonais » pour demander la paix et le retour des jeunes soldats. Le soir du 17 janvier 1871, lors de l’apparition de la Vierge Marie à Pontmain, les enfants visionnaires récitèrent précisément ce chapelet à vingt-six grains rouges à l’invitation de leur maîtresse d’école, sœur Vitaline.
Ce lien spirituel entre la Mayenne et Nagasaki se prolonge aussi dans l’histoire plus récente du diocèse. En 1964, Mgr Charles-Marie-Jacques Guilhem, alors évêque de Laval, publiait une lettre pastorale intitulée « Le péril atomique », dans laquelle il alertait sur les dangers de la course aux armements nucléaires. Il y rappelait l’urgence de travailler à la paix, « état de grâce de la civilisation », et appelait prêtres et fidèles à s’engager pour la justice et la fraternité entre les peuples.
L’exposition présentée à Saint-Denis-du-Maine invite ainsi à découvrir l’itinéraire spirituel de Takashi et Midori Nagai, profondément marqué par la foi chrétienne au cœur de la tragédie atomique. À travers leur histoire, c’est aussi un message d’espérance et de paix qui est proposé aux visiteurs : celui d’une vie transformée par l’amour, capable de répondre à la violence de l’histoire par le pardon, la foi et la reconstruction.
Informations Pratiques :
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