Monseigneur Matthieu Dupont préside le grand Pardon de Sainte-Anne d’Auray
Les 25 et 26 juillet, entre 15 000 et 20 000 pèlerins ont participé au 401ᵉ Grand Pardon de Sainte-Anne-d’Auray, le plus grand pèlerinage de Bretagne. Cette année, les célébrations étaient présidées par Monseigneur Matthieu Dupont, évêque de Laval, qui a invité les fidèles à redécouvrir la force de la prière, l’espérance chrétienne et la richesse de la tradition vivante de l’Église
Pendant deux jours, la foule des pèlerins a afflué vers le sanctuaire breton, répondant une nouvelle fois à la promesse confiée par sainte Anne à Yvon Nicolazic en 1625 :
« L’affluence du monde qui me viendra honorer en ce lieu sera le plus grand miracle de tous. »
Quatre siècles plus tard, cette prophétie continue de s’accomplir.
Un pèlerinage de Marie vers sa mère Anne
Le pardon est l’une des expressions les plus anciennes et les plus profondes de la foi populaire bretonne. Héritée des premiers siècles de l’évangélisation de la Bretagne, cette démarche invite les pèlerins à se mettre en route vers un lieu saint afin d’y vivre la prière, la réconciliation et la rencontre avec Dieu.
À Sainte-Anne-d’Auray, ce rendez-vous revêt une dimension particulière. Sainte Anne, mère de la Vierge Marie et patronne de la Bretagne, y est honorée depuis les apparitions survenues au XVIIᵉ siècle.
Chaque année, des centaines de milliers de personnes viennent s’y recueillir. Le Grand Pardon demeure le point culminant de cette ferveur populaire.
Cette année encore, la procession, la prière mariale, les vêpres, les confessions et la messe pontificale ont rythmé ces deux journées de célébration. Cette année aussi, c’est l’évêque de Laval, département où a eu lieu l’apparition de Notre-Dame de Pontmain, qui vient en pèlerinage vers le Sanctuaire de Sainte Anne : une venue pleine de sens !
Une tradition vivante tournée vers le Christ
Lors de la messe pontificale, Monseigneur Matthieu Dupont s’est appuyé sur les paroles des Actes des Apôtres :
« C’est vous qui êtes les fils des prophètes, les héritiers de l’Alliance. »
Notre évêque a rappelé que le Grand Pardon n’est pas une simple commémoration, mais une tradition vivante, transmise de génération en génération.
« Être héritier, ce n’est pas préserver un trésor figé. C’est accueillir une vie qui nous précède, nous transforme et nous envoie en mission. »
Faisant écho aux paroles de saint Jean-Paul II, venu à Sainte-Anne-d’Auray en 1996, il a invité les fidèles à ouvrir leur cœur au Christ, source de toute vie.
« Nous avons mis nos pas dans ceux de nos anciens, eux-mêmes à la suite de Nicolazic et de sainte Anne. »
« Prier, espérer, être pacifié »
Tout au long de son homélie, Monseigneur Dupont a développé trois verbes : prier, espérer et être pacifié.
Prenant l’exemple d’Abraham, parti dans la confiance vers le pays que Dieu lui indiquait, il a invité les pèlerins à entreprendre un autre voyage : celui de la prière.
Évoquant le message de Notre-Dame de Pontmain – « Mais priez, mes enfants » –, il a rappelé que la prière n’est pas réservée aux périodes paisibles de l’existence.
Au contraire, elle permet de traverser les épreuves avec confiance et de laisser l’espérance transformer le regard porté sur le monde.
« Il ne faut pas attendre que les circonstances soient favorables pour prier. Il faut simplement venir à Dieu tels que nous sommes. »
L’évêque a également insisté sur la place essentielle des grands-parents, en cette journée mondiale qui leur était consacrée. À l’école de sainte Anne, ils demeurent des témoins précieux de la foi et de l’espérance.
Une paix à recevoir et à transmettre
Cette espérance chrétienne conduit à la paix. Non pas une paix qui efface les difficultés, mais une paix intérieure qui permet d’habiter autrement les réalités du quotidien.
En évoquant l’apparition de Pontmain en 1871, Monseigneur Dupont a rappelé que les circonstances extérieures n’avaient pas immédiatement changé, mais que les cœurs avaient été profondément transformés.
« La paix avait surgi au cœur du village. »
Cette paix est appelée à rayonner dans les familles, les paroisses et les villages.
Notre évêque a ainsi repris l’expression chère au pape François en appelant les chrétiens à faire de leurs foyers de véritables « hôpitaux de campagne », où la prière nourrit l’espérance et où l’espérance devient source de réconciliation.
Un sanctuaire, « port d’attache des familles »
Dans son mot d’accueil, Monseigneur Raymond Centène a rappelé la place unique de Sainte-Anne-d’Auray dans le cœur des Bretons :
« Ici, sur cette terre de Sainte Anne, nous marchons sur les pas de nos pères. Ce sanctuaire est le port d’attache des familles. »
Il a également appelé les pèlerins à intensifier leur prière face aux guerres, aux violences et aux incertitudes de notre temps.
Au terme de ces célébrations, Monseigneur Matthieu Dupont a invité chacun à repartir avec une résolution concrète : poser, dans sa vie quotidienne, un geste capable de prolonger la grâce reçue pendant ce pèlerinage.
« Demeurons des hommes et des femmes de tradition dans l’Église », a-t-il conclu en reprenant les paroles de saint Jean-Paul II.
Photos : diocèse de Vannes et Sanctuaire sainte-Anne d’Auray