Léon XIV en France, visite pastorale dans le pays de Craon, détresses des lycéens : l’évêque de la Mayenne répond à nos questions

De retour de la visite apostolique du pape Léon XIV en France, l’évêque de Laval, Monseigneur Matthieu Dupont sillonne désormais la paroisse Saint-Clément-du-Craonnais. En pleine visite pastorale, il prend le temps de répondre aux traditionnelles questions de l’interview du mois, disponible sur la chaîne YouTube du diocèse et sur les ondes de Radio Fidélité Mayenne. Chaque mois, cet entretien est l’occasion pour l’évêque de s’adresser aux Mayennais, de faire le point sur la vie de l’Église en Mayenne et, plus largement, sur l’actualité.

« Douceur et clarté » : le style du Pape comme boussole pastorale

Alors qu’il poursuit une visite de quatre jours dans le sud-ouest de la Mayenne, l’évêque souligne le lien profond entre la récente visite apostolique du souverain pontife à Paris, Lourdes ou Metz et son propre engagement quotidien auprès des fidèles.

« Quelque part, j’essaie de m’inspirer de ce que le Pape a vécu et notamment de son style, cette façon qu’il a eu de venir à notre rencontre pour que ici venant en visite pastorale, c’est pas tout à fait du même ordre, mais c’est la même attitude d’écouter, d’encourager et puis de percevoir l’œuvre de Dieu. »

Cette grande visite nationale a laissé des traces positives et un souffle de réconciliation au sein de la communauté croyante et du pays.

« Ce qui m’a frappé, c’est que cette visite a fait beaucoup de bien. A fait du bien à l’Église catholique en France, a fait du bien à ceux qui sont proches de l’Église catholique et a fait du bien à notre pays. Je crois qu’il y a eu une forme d’onction, c’est-à-dire de cette présence du Saint-Esprit apaisante et en même temps claire. »

L’évêque retient en particulier des gestes forts aux côtés des personnes malades et fragiles à Lourdes, ainsi que des prises de parole directes, notamment sur la laïcité dès l’Élysée ou sur le respect de la vie. Un élan qui viendra nourrir la future lettre pastorale diocésaine prévue pour le début de l’Avent.

Face aux revendications des lycéens : « Le signe d’une détresse »

Quelques jours à peine après la ferveur du rassemblement de la jeunesse au Stade de France, des mouvements de protestation et des revendications d’élèves ont éclaté dans le pays. Interrogé sur ce contraste saillant entre espérance et malaise social, l’évêque invite avant tout à une écoute attentive et bienveillante sans jugement hâtif.

« Avant d’avoir un avis, il y a un constat, c’est qu’il y a quelque chose. Et avant de juger les prises de parole, les revendications, pour moi c’est le signe d’une détresse […] un cri, et ce cri bien sûr se concrétise par des revendications assez concrètes sur les conditions d’étude mais plus profondément peut-être du sens. »

Face aux inquiétudes d’orientation, l’évêque rappelle que la mission de l’Église est d’habiter le monde concrètement et de témoigner de l’espérance. Il s’apprête d’ailleurs à emporter ces préoccupations lors d’un pèlerinage à Rome avec les chefs d’établissement de l’enseignement catholique.

Des initiatives très concrètes pour faire vivre la mission de l’Eglise

Cette espérance, l’Église veille déjà à la proposer dans des initiatives très concrètes, à l’image de la paroisse Sainte-Thérèse-Cardinal-Suhard qui a invité plus de 300 personnes à une choucroute garnie à Congrier, ou encore de la création du nouveau bar associatif du Narthex à la sortie de la messe des jeunes à Laval. De la convivialité de ce repas populaire à l’ouverture de ce nouvel espace pour les étudiants, l’objectif reste le même : créer des lieux où notre Église ouvre les portes pour aller à la rencontre du monde et proposer des espaces d’échange accessibles à tous.

« Ça permet à notre communauté chrétienne d’être perméable, c’est-à-dire d’aider ceux qui veulent s’approcher de nous facilement à entrer en contact avec nous. »

Pour écouter l’interview de l’évêque en entier, cliquer ici.

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