« Confiance, lève-toi, il t’appelle » : aux Journées Mayennaises de la Jeunesse, Mgr Matthieu Dupont veut réveiller l’espérance des jeunes

A l’occasion des Journées Mayennaises de la Jeunesse, Monseigneur Matthieu Dupont se prête au désormais traditionnel entretien mensuel. Au cœur d’un rassemblement qui réunit plus de 800 mayennais, l’évêque de Laval évoque l’espérance portée par la jeunesse, les défis de santé mentale, la fin de vie et l’élan de foi qui traverse le diocèse.

 

Au début de l’entretien, Mgr Matthieu Dupont revient sur l’annonce de la venue prochaine du pape Léon en France. Une visite qu’il considère comme un signe fort pour l’Église et pour les croyants.

Avec humour, il glisse que le Saint-Père « ne viendra pas encore à Pontmain », avant de rappeler le sens profond d’une visite apostolique : « raviver la foi ». Le pape devrait notamment se rendre à Paris et à Lourdes, sanctuaire marial majeur auquel l’évêque compare volontiers Pontmain comme « une petite sœur ».

Interrogé sur les débats autour de la loi sur la fin de vie, l’évêque de Laval exprime sa préoccupation face à une société qui pourrait envoyer « un signal catastrophique » aux personnes âgées, fragiles ou malades. Selon lui, le risque est de faire peser sur certains le sentiment d’être « un poids » pour leurs proches.

 

« Osons les soins palliatifs », insiste-t-il, plaidant pour davantage d’accompagnement, de soulagement et de solidarité plutôt qu’une réponse centrée sur la mort.

En Mayenne, plusieurs projets autour des soins palliatifs sont d’ailleurs à l’étude, avec l’ambition de développer des alternatives concrètes d’accompagnement de la fin de vie.

Les Journées Mayennaises de la Jeunesse : « Un témoignage pour toute la Mayenne »

Au collège Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle de Laval, la deuxième édition des JMJ rassemble des jeunes venus de tout le département : Pré-en-Pail, Ernée, Craon, Château-Gontier, Loiron ou encore Meslay-du-Maine. Pour Mgr Matthieu Dupont, cet événement témoigne de la vitalité de l’Église en Mayenne et de sa capacité à fédérer largement. Il salue particulièrement l’engagement des 240 bénévoles mobilisés pour permettre cette rencontre.

L’évêque voit aussi dans les JMJ un signe positif pour le territoire mayennais : un événement ouvert, intergénérationnel et capable de rassembler bien au-delà des cercles habituels.

« Confiance, lève-toi, il t’appelle »

Le thème de cette édition est tiré de l’Évangile de saint Marc, lorsque les disciples s’adressent à Bartimée, l’aveugle assis au bord du chemin : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ». Pour l’évêque, ce message dépasse largement la seule question des vocations religieuses. Il s’agit avant tout d’un appel personnel adressé à chaque jeune.

« Comment je suis relevé ? Comment je rencontre personnellement Jésus ? », résume-t-il.

Dans cette perspective, les JMJ veulent offrir un espace de rencontre intérieure, où chacun peut avancer dans sa foi à son rythme, qu’il soit croyant engagé, curieux ou simplement en recherche.

Face à l’anxiété des jeunes, « montrer qu’il est possible de vivre heureux »

Mgr Matthieu Dupont évoque également les fragilités actuelles de la jeunesse, marquée par l’anxiété et les difficultés psychologiques. Loin d’un discours naïf, il insiste sur la nécessité d’affronter « le réel tel qu’il est ». Pour lui, l’Église a un rôle à jouer dans l’accompagnement humain, spirituel et relationnel des jeunes. « Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours », affirme-t-il, rappelant que la foi chrétienne s’enracine dans l’incarnation et dans la vie concrète. À travers des rassemblements comme les JMJ, il souhaite montrer aux jeunes « qu’il est possible de vivre heureux et pleinement dans le monde d’aujourd’hui », malgré les inquiétudes et les tensions de l’époque.

Au contact des participants, l’évêque perçoit une véritable quête intérieure, parfois difficile à exprimer avec des mots.

Il rappelle que le diocèse de Laval propose déjà de nombreux temps forts pour les jeunes : pélé VTT, retraite Sursum Corda à la Cotellerie, école de prière pour les enfants ou encore avec les mouvements paroissiaux.

L’enjeu, selon lui, est désormais de rendre ces propositions toujours plus accessibles afin que chacun puisse découvrir « la joie de la vie chrétienne ».

Au moment d’envoyer les jeunes de retour chez eux, son souhait reste simple : qu’ils repartent avec la confiance reçue ici et qu’ils puissent continuer à vivre au quotidien cette rencontre personnelle avec le Christ, dans leurs paroisses, leurs mouvements et leurs communautés.

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