Bruno Quentin, un père de famille de Craon appelé à devenir diacre permanent
Le 31 octobre 2026, à 15 h, la cathédrale de Laval accueillera l’ordination diaconale de Bruno Quentin. Marié depuis 25 ans, père de six enfants et habitant Craon, il a été appelé par Mgr Matthieu Dupont, évêque de Laval, à devenir diacre permanent pour le diocèse. Une vocation qui s’est dessinée progressivement, dans la discrétion, au fil d’un cheminement commencé il y a plusieurs années.
Originaire de la Mayenne, marié et père de six enfants
Bruno Quentin a 51 ans. Avec son épouse Bérengère, il est marié depuis 24 ans et père de six enfants. La famille vit à Craon depuis 20 ans. Originaire du Pas, près d’Ambrières-les-Vallées, Bruno a grandi à la campagne. Son père était agriculteur et sa mère tenait une crêperie. Après neuf années d’internat au Sacré-Cœur de Mayenne, il effectue son service militaire puis commence sa vie professionnelle dans le sud de la Mayenne. Après avoir été salarié dans une compagnie d’assurance, il est depuis quinze ans agent général d’assurance à son compte et dirige aujourd’hui trois agences. Un parcours professionnel et familial bien établi, au cœur duquel la foi a toujours eu sa place, mais sans que Bruno imagine nécessairement devenir un jour diacre.
« On est appelé »
En 2017, Bruno participe à une retraite de neuf jours de jeun et en silence, près de Grenoble. Il ressent le besoin de relire son parcours et de rendre grâce pour tout ce qu’il a reçu. Au cours de cette retraite, un texte consacré à un diacre le touche particulièrement. Il en parle à son accompagnatrice. Sa réponse va rester dans son esprit : « Pour être diacre, on ne choisit pas, on est appelé. » Quelques années plus tard, en 2019, le père David l’invite à dîner. Bruno ne se doute alors absolument pas de ce qui va lui être proposé. « C’était le soir d’un match de football féminin France-Brésil de la Coupe du monde », se souvient-il. « Le père David m’a proposé de réfléchir pendant un an au diaconat. C’était une bombe en plein repas. C’est la chose à laquelle tu ne t’attends pas du tout. » Avec sa femme Bérengère, ils prennent alors le temps de réfléchir. Ils commencent un cheminement avec un autre couple et, progressivement, acceptent d’entrer en formation.
Une vocation discernée en couple
Pour Bruno, impossible d’envisager cette vocation sans son épouse. Le cheminement vers le diaconat permanent se vit en effet en couple, car l’ordination de l’un engage nécessairement la vie de toute la famille. « Comme ça impacte tellement le couple, il faut que tous les deux soient sur la même ligne. Il ne faut pas que cela mette en danger notre couple. » Avec Bérengère, Bruno suit donc les différentes étapes de la formation et du discernement. Une expérience exigeante, qui demande de trouver un équilibre entre vie familiale, vie professionnelle et vie spirituelle. « Comme beaucoup, on a les enfants, le boulot et on fait ce qu’on peut au niveau de la foi. Et là, ça nous a ouvert une brèche, une sacrée brèche, pour vivre vraiment quelque chose de très fort. Avec le recul, Bruno considère ce chemin comme un véritable cadeau pour leur couple. « Ça a coloré notre sacrement de mariage. Ça nous a ressoudés sur l’essentiel. Ça nous a montré que c’était un chemin qui était bon pour nous. »
Une annonce faite progressivement aux enfants
La famille a elle aussi été associée progressivement à cette démarche. Bruno et Bérengère ont attendu que le moment soit venu pour en parler à leurs enfants. « On appréhendait un petit peu les réactions de certains », raconte Bruno avec le sourire. Finalement, l’accueil a été très positif. « Ils ont tous été entre heureux, et puis pas indifférents. Mais leur réaction, c’était : “Si c’est ton chemin, fais-le.” » Un souvenir reste particulièrement marqué dans sa mémoire : l’annonce faite à son fils aîné, dans la cuisine, et son regard de fierté.
Une attention particulière aux plus fragiles
Le diacre permanent reçoit une triple mission : le service de la liturgie, celui de la Parole et celui de la charité. Au fil de son cheminement, Bruno a découvert une sensibilité particulière pour cette dernière dimension. « Moi, c’est plus celle de la charité qui m’a touché. » Cette attention aux plus fragiles l’a notamment conduit à participer à un pèlerinage à Lourdes avec l’Hospitalité ces trois dernières années. Il y a été envoyé au service des chambres, auprès des personnes malades ou dépendantes. « Pour moi, c’était une façon de me dire : est-ce que je suis fait pour ça ou pas ? » Cette expérience a confirmé chez lui le désir d’être davantage au service des personnes fragiles. Mais pour Bruno, la charité ne se limite pas à des engagements particuliers. Elle se vit aussi dans les relations quotidiennes : prendre le temps d’écouter, être attentif à son voisin, accueillir chacun. « C’est vraiment dans la rencontre. C’est voir le Christ en chacun. »
Servir au cœur de l’Église
Le diaconat n’est pas une invention récente. Le mot « diacre » vient du grec diakonos, qui signifie « serviteur ». Dans les Actes des Apôtres, sept hommes sont choisis pour assurer un service auprès des veuves et des personnes dans le besoin, permettant ainsi aux Apôtres de se consacrer davantage à l’annonce de la Parole. Le diaconat permanent a progressivement disparu en Occident au cours du Moyen Âge avant d’être restauré par le concile Vatican II. Depuis, des hommes mariés peuvent notamment être appelés à recevoir cette ordination et à exercer leur ministère au cœur de la vie du monde et de l’Église. Pour Bruno, cette dimension de service est au cœur de l’appel qu’il reçoit aujourd’hui.
« Un chemin escarpé, mais avec de beaux paysages »
Le cheminement vers le diaconat aura demandé plusieurs années de formation et de discernement. Bruno le compare volontiers à une randonnée en montagne. « C’est un chemin qui est quand même assez escarpé, il y a des moment difficiles, parfois de souffrance, qui demandent à se dépasser. Il faut vraiment articuler beaucoup de choses. Il faut se former. Mais à la fin, dès que tu te retournes, tu as des sacrés paysages. » Depuis un an, Bruno est accompagné par une équipe chargée de l’aider dans le discernement de sa future mission. Chacun des membres de cette équipe a notamment été invité à écrire à l’évêque pour partager ce qu’il discernait pour lui. Pour l’heure, Bruno ignore encore quelle mission précise lui sera confiée.
Rendez-vous le 31 octobre à Laval
Bruno Quentin sera ordonné diacre permanent le samedi 31 octobre 2026 à 15 h, en la cathédrale de Laval, au cours d’une célébration présidée par Mgr Matthieu Dupont. Une date qui est un clin d’œil : le 31 octobre est la fête de la Saint-Quentin.