À Abidjan, Antoine et Juliette vivent une mission en famille avec la DCC

    Depuis plusieurs mois, Antoine et Juliette mûrissaient un projet qu’ils avaient déjà évoqué au moment de leur mariage : partir en volontariat à l’étranger, mais cette fois en famille. Aujourd’hui parents de deux jeunes enfants, ils ont choisi de franchir le pas et de rejoindre Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour une année de mission avec la Délégation catholique pour la coopération (DCC).

Un projet familial mûri depuis plusieurs années

     L’idée de partir en volontariat n’est pas nouvelle pour Antoine et Juliette. Dès leur préparation au mariage, ils envisageaient de vivre une expérience à l’étranger. Ils avaient alors fait le choix de remettre ce projet à plus tard, avec une conviction : s’ils partaient un jour, ce serait en famille. Le moment s’est finalement présenté en 2026. Leurs deux filles, âgées de trois ans et d’un an et demi, sont encore très jeunes et ne sont pas encore engagées dans une scolarité contraignante. Sur le plan professionnel, un changement de situation a également contribué à accélérer leur départ. « C’était le bon moment pour partir pour nous », expliquent-ils. Leur démarche répond à plusieurs aspirations : découvrir une autre culture, mettre leurs compétences au service d’un projet concret, mais aussi vivre une véritable aventure familiale et sortir de leur environnement habituel.

De l’industrie au monde universitaire

Ingénieurs de formation, Antoine et Juliette ont travaillé dans l’industrie avant de rejoindre Abidjan. Sur place, leur mission est très différente de leurs expériences professionnelles précédentes : ils participent au lancement de l’UJA-ICAM, une nouvelle école d’ingénieurs portée avec l’Université jésuite d’Abidjan. « On était vraiment ingénieurs en industrie. Et on se retrouve professeurs en université », racontent-ils. Une mission qui leur demande donc de s’adapter, de participer à la construction d’un projet et de mettre leurs compétences au service d’une réalité locale.

Une mission choisie aussi pour sa dimension catholique

Si leur départ s’est concrétisé avec la DCC, c’est notamment parce que leur volonté initiale était de rejoindre un projet lié à l’ICAM, l’école d’ingénieurs qu’ils avaient eux-mêmes fréquentée. L’ICAM travaillant avec la DCC pour l’envoi de volontaires, leur projet a ainsi trouvé son cadre. Pour Antoine et Juliette, la dimension chrétienne de cette mission compte également. L’UJA-ICAM s’inscrit dans une tradition éducative jésuite, qui accorde une place importante à la formation intégrale de la personne. Une approche qui rejoint ce qu’ils souhaitent eux-mêmes vivre et transmettre. « C’était aussi transmettre ce que nous, on avait reçu. Et puis recevoir aussi de leur part », expliquent-ils. Partir dans un cadre catholique leur permet également de vivre cette expérience avec leurs enfants et de leur faire découvrir une autre manière de vivre la foi.

La foi vécue à Abidjan : une découverte

À Abidjan, Antoine et Juliette découvrent aussi une vie chrétienne différente de celle qu’ils connaissent en France. Ils décrivent une foi particulièrement expressive et visible dans la vie quotidienne. À proximité de leur lieu de vie, une paroisse propose plusieurs messes chaque jour. Les célébrations associent une liturgie structurée à une place importante donnée au chant et à la louange. Cette découverte les conduit à déplacer leur regard sur leur propre manière de vivre la foi. « Les messes ont le même cadre, mais pas du tout la même ambiance », témoignent-ils. La rencontre avec une société où les différentes appartenances religieuses sont très visibles constitue également une expérience nouvelle. Catholiques, musulmans et fidèles d’autres traditions vivent leur foi de manière beaucoup plus visible dans l’espace public qu’en France. Pour le jeune couple, ces différences ne sont pas seulement des curiosités culturelles : elles les interrogent et les invitent à approfondir leur propre foi. « Ça permet de renforcer notre foi », confient-ils.

Sortir de sa zone de confort

Après quelques semaines seulement à Abidjan, Antoine et Juliette mesurent déjà ce que cette expérience change dans leur manière de regarder les autres et leur environnement. L’éloignement les oblige à aller vers les personnes, à poser des questions, à découvrir une culture et à accepter de ne pas tout comprendre immédiatement. « Comme on est seuls, on est obligés de s’ouvrir vraiment sur une population », expliquent-ils. « On se force un peu, en choisissant le volontariat, à vraiment s’ouvrir, poser les questions, découvrir la culture, découvrir la foi, découvrir les gens. » Pour autant, ils ne présentent pas le départ à l’étranger comme la seule manière de vivre une démarche missionnaire. Ils insistent au contraire sur la diversité des formes d’engagement. « On n’a pas besoin de partir à 10 000 kilomètres pour s’engager et avoir de super belles actions autour de chez soi. » Pour eux, l’essentiel se trouve peut-être ailleurs : accepter de sortir de ses habitudes pour se rendre disponible à l’autre. « C’est peut-être là où on trouve un vrai bonheur profond », résument-ils. Pendant une année, Antoine et Juliette vont ainsi poursuivre leur mission à Abidjan, entre enseignement, construction d’un nouveau projet universitaire, découverte culturelle et vie familiale. Une expérience qu’ils vivent à quatre, avec leurs deux filles, dans le désir de donner autant que de recevoir.

La famille d’Argentré entourée du Père Brice, sj, directeur de l’UJA (Universite Jésuite d’Abidjan) et à droite le Pére Épiphane, sj, directeur de l’Icam Afrique. 

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