« Personne ne m’avait parlé de Jésus-Christ comme ça » : une exposition pour découvrir Antoine Chevrier

Qui était le bienheureux Antoine Chevrier ? Jusqu’au 1er octobre, une exposition installée à la Maison diocésaine Cardinal-Billé, à Laval, permet de découvrir la vie, la conversion et la mission du fondateur du Prado. Le père Michel Barrier et le père Maurice Carré, prêtres de diocèse de Laval, membres du Prado, présentent cette exposition et expliquent pourquoi la figure d’Antoine Chevrier demeure actuelle pour l’Église.

Une figure trop peu connue en Mayenne

L’exposition, conçue par le Prado général à Lyon, a été acquise par les pradosiens des diocèses de Nantes, Luçon, Laval et Angers. Elle pourra ainsi être réutilisée dans les années à venir. Pour le père Michel Barrier, cette exposition est d’abord l’occasion de mieux faire connaître Antoine Chevrier dans le diocèse de Laval. L’exposition entend donner à voir celui qui est à l’origine de cette famille spirituelle et la mission des prêtres du Prado. Des QR codes permettent également d’aller plus loin et d’accéder à des informations complémentaires sur les différents thèmes présentés.

Antoine Chevrier : remettre Jésus-Christ au centre

Né en 1826 à Lyon, Antoine Chevrier est ordonné prêtre en 1850. Sa vie connaît un tournant décisif en 1856, lorsqu’il vit une expérience spirituelle devant la crèche, à l’occasion de Noël. Cette « conversion » -c’est ainsi qu’il en a parlé- va profondément transformer sa manière de vivre son ministère sacerdotal. Il reçoit notamment le désir de mieux connaître Jésus-Christ, de le suivre de plus près, et de le faire connaître, particulièrement auprès de pauvres. Le père Michel Barrier se souvient lui-même de sa première découverte du Prado. « J’ai découvert le Prado au grand séminaire de Laval, dans un tas de livres qui étaient cassés. J’ai pris un livre, puis je me suis mis à lire ça. Puis, tout d’un coup, je me suis dit : “Personne ne m’a parlé de Jésus-Christ comme ça !” » Cette découverte a marqué durablement son parcours. Pour les deux prêtres pradosiens, c’est aussi ce qui donne toute son actualité à l’exposition : redécouvrir une manière de placer le Christ au cœur de la vie et de la mission de l’Église.

« Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé »

L’un des éléments centraux de l’exposition est « le tableau de Saint-Fons », où lui-même a écrit sur les murs les trois grandes stations auxquelles Antoine Chevrier rattachait la vie du prêtre : la Crèche, la Croix et le Tabernacle. La Crèche représente le dépouillement. La Croix, le don de soi. Le Tabernacle, le Christ qui se donne. Une formule résume cette vision du sacerdoce :

« Le prêtre est comme Jésus-Christ : un homme dépouillé, un homme crucifié, un homme mangé. »

Cette trilogie constitue un véritable programme spirituel pour Antoine Chevrier. Elle renvoie notamment à son ouvrage « Le prêtre selon l’Evangile ou Le véritable disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». L’exposition permet ainsi de comprendre comment sa contemplation du Christ a façonné son ministère et, progressivement, la spiritualité du Prado.

Une œuvre tournée vers les plus pauvres et les jeunes

Antoine Chevrier ne s’est pas contenté de développer une spiritualité personnelle. Sa conversion l’a conduit à se consacrer particulièrement aux enfants pauvres et à mettre en place une œuvre d’éducation L’exposition revient sur cette dimension éducative, qui demeure encore aujourd’hui une réalité du Prado, notamment dans la région lyonnaise et dans le domaine de l’éducation. Le parti pris pédagogique est simple : placer les enfants au centre, dans une attention particulière à leur dignité. « Les enfants sont au centre », résume le père Michel Barrier. Une approche qui s’inscrit dans une volonté de les accompagner avec amour et de leur permettre de découvrir la vie de Dieu et l’esprit de Jésus-Christ. Et, en 1866, le projet d’Antoine Chevrier de former de jeunes garçons, qui pourraient devenir prêtres, va prendre forme dans une ‘école cléricale’. Cette formation reposera notamment sur une expérience concrète au milieu des enfants et des pauvres.

Une spiritualité au service de l’Église diocésaine

Pourquoi des prêtres du Prado sont-ils aujourd’hui présents dans le diocèse de Laval ? Pour le père Maurice Carré, la réponse tient précisément dans la vocation du Prado : il ne s’agit pas de constituer une Église à part, mais de recevoir un don spirituel pour mieux servir l’Église diocésaine.

« Ce n’est pas un bien personnel, d’une spiritualité à part. C’est un don fait à l’Église. »

Le prêtre pradosien reste ainsi au service de son évêque et de son diocèse. Cette dimension est importante pour les deux prêtres : faire connaître Antoine Chevrier ne signifie pas seulement faire découvrir une figure de l’histoire de l’Église. La grâce et le charisme d’Antoine Chevrier sont encore donnés à l’Eglise qui est en Mayenne pour sa mission aujourd’hui.

Antoine Chevrier a été béatifié par le Pape Jean-Paul II à Lyon en 1986.

L’exposition est visible jusqu’au 1er octobre environ à la Maison diocésaine Cardinal-Billé, 10 rue d’Avesnières à Laval.

Publications similaires