Les vrais trésors de l’Église selon Saint Laurent

Le 10 août, la fête de saint Laurent est l’occasion de redécouvrir l’une des pages les plus marquantes des premiers siècles du christianisme. En présentant aux autorités romaines une foule de pauvres, de malades et de personnes vulnérables comme les « trésors de l’Église », le diacre martyr livre un témoignage qui traverse les siècles. Une intuition toujours actuelle, à laquelle fait écho le pape Léon XIV dans son exhortation apostolique Dilexi Te – Je t’ai aimé, en invitant les chrétiens à recentrer leur vie sur les plus pauvres.

« Voici les trésors de l’Église »

En l’an 258, sous la persécution de l’empereur Valérien, le pape Sixte II est arrêté et condamné à mort. Son diacre, Laurent, est quant à lui provisoirement épargné. Les autorités romaines espèrent obtenir de lui les richesses supposées de la communauté chrétienne.

Laurent demande quelques jours de délai. Pendant ce temps, il distribue aux pauvres tout ce que l’Église possède. Puis, lorsqu’il est convoqué devant les magistrats, il leur présente une foule de pauvres, de malades, d’aveugles, de veuves et d’estropiés. C’est alors qu’il prononce cette phrase devenue célèbre :

« Ce sont là les trésors de l’Église. »

Par cette réponse, le diacre renverse complètement la logique du pouvoir. Les véritables richesses de l’Église ne sont ni des biens matériels ni des réserves d’or. Elles sont ces hommes et ces femmes que le Christ place au cœur de son amour.

Une invitation toujours actuelle

L’histoire de saint Laurent n’appartient pas seulement au passé. Elle continue d’interroger chaque communauté chrétienne : où plaçons-nous nos trésors ? Qui considérons-nous comme les plus précieux aux yeux de Dieu ?

Cette question, le Pape Léon XIV nous l’a de nouveau adressée avec sa première exhortation apostolique du pape Léon XIV, Dilexi Te – Je t’ai aimé. À travers ce texte, le Saint-Père invite les baptisés à revenir au cœur même de l’Évangile : l’amour reçu du Christ se manifeste concrètement dans l’attention portée aux plus pauvres, aux personnes fragiles, aux oubliés de notre société.

Le pape rappelle que l’amour de Dieu ne peut rester une idée ou un sentiment. Il prend chair dans une Église qui se laisse déplacer par ceux qui souffrent, qui choisit la proximité plutôt que le prestige, le service plutôt que le pouvoir.

À la suite de saint Laurent, les chrétiens sont ainsi appelés à reconnaître que les plus pauvres ne sont pas simplement les bénéficiaires de la charité de l’Église : ils en sont le véritable trésor. En leur visage se reflète celui du Christ lui-même, et c’est auprès d’eux que l’Église retrouve sans cesse sa raison d’être et la vérité de sa mission.

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