« Choisis la vie » : Mgr Matthieu Dupont appelle les services du diocèse à une fraternité missionnaire renouvelée
Réunis à la Maison diocésaine, salariés et bénévoles des services diocésains ont entendu un message de Monseigneur Matthieu Dupont en cette fin d’année pastorale : entrer résolument dans une nouvelle étape missionnaire. Au cœur de son intervention, une conviction forte : « Choisis la vie », intuition qu’il porte depuis son arrivée dans notre diocèse. Une invitation à reconnaître l’Œuvre de Dieu déjà présente dans le diocèse et à servir cette vie avec davantage de fraternité, de créativité et de liberté, dans l’esprit de notre synode diocésain.
Souligner la générosité discrète
Avant d’évoquer les réorganisations à venir, l’évêque de Laval a voulu rendre grâce pour ce qui fait déjà battre le cœur du diocèse. Il a d’abord souligné la générosité discrète mais essentielle de nombreux services et mouvements. Monseigneur Dupont a particulièrement mis en lumière le pôle diaconie et la pastorale du monde de la santé, les aumôneries des prisons, des gens du voyage, des artisans de la fête et du cirque, ainsi que l’action du Secours Catholique, qui célèbre cette année ses 80 ans. Il a également salué le travail du CCFD-Terre Solidaire et des équipes « Chemin d’Espoir ». « C’est souvent ce qui passe en dernier parce que c’est moins visible », a-t-il reconnu, avant d’insister sur l’importance de ces engagements qui manifestent concrètement la charité de l’Église.
Une multitude d’initiatives
L’évêque a ensuite rappelé les nombreuses initiatives qui témoignent du dynamisme missionnaire du diocèse : la recollection de l’Ecole de la Mission à Pontmain, les ateliers de la bibliothèque diocésaine, la présence sur les réseaux sociaux, la formation à la bientraitance, les récollections missionnaires ou encore la célébration œcuménique de Pâques l’année dernière. Il a aussi évoqué la vitalité de l’aumônerie étudiante, qui rassemble désormais près de 60 jeunes à Laval, les Journées mayennaises de la jeunesse, les journées de la mission rurale, les pèlerinages à Lourdes, les Pélé VTT ou encore l’Ecole de prière. Autant d’initiatives qui révèlent « une Église qui tente des choses » et qui cherche sans cesse de nouvelles manières d’annoncer l’Évangile.
Une Église désormais minoritaire…
Monseigneur Dupont a cependant rappelé avec lucidité le contexte actuel : celui d’une culture chrétienne qui s’efface progressivement et d’une Église devenue minoritaire. « Beaucoup aujourd’hui ne savent même plus qui sont Marie ou Joseph », a-t-il constaté. Pour autant, il refuse toute logique de découragement. Au contraire, cette situation appelle, selon lui, une conversion missionnaire plus profonde. L’évêque a notamment insisté sur l’enjeu de la transmission de la foi dans un contexte marqué par l’inculture religieuse. L’augmentation du nombre de nouveaux baptisés adultes constitue pour lui un signe fort : alors qu’ils étaient une dizaine il y a quatre ans, ils sont aujourd’hui près d’une cinquantaine dans le diocèse. Cette évolution oblige l’Église à adapter ses méthodes pastorales, notamment auprès des familles demandant le baptême ou dans l’accompagnement des funérailles, qui représentent « une surface de contact extraordinaire avec la société ».
… appelée à devenir plus missionnaire
Dans cette perspective, Monseigneur Dupont a confirmé la mise en place d’une nouvelle organisation des services diocésains autour de grands pôles pastoraux destinés à favoriser davantage de synergie et de collaboration. L’objectif est clair : sortir d’un fonctionnement « chacun dans son couloir » pour construire une véritable culture de la fraternité missionnaire.
Trois grands pôles structureront désormais cette nouvelle organisation :
- le pôle mission ;
- le pôle croissance ;
- le pôle diaconie.
Chaque pôle sera animé par une vie fraternelle concrète : temps de prière communs, discernement partagé, soutien mutuel et collaboration entre services. « Nous sommes appelés à aller plus loin dans la fraternité », a résumé l’évêque.
Une culture synodale à faire grandir
Monseigneur Dupont a largement inscrit cette transformation dans l’esprit du synode diocésain et dans l’appel de l’Église à vivre davantage la synodalité. Il souhaite développer une « culture du discernement » où chacun pourra participer davantage à la mission commune. Cette dynamique reposera sur la subsidiarité, la responsabilité partagée et une plus grande coopération entre les équipes. L’évêque a également annoncé que chaque pôle élaborera dès septembre une charte de fonctionnement précisant les modalités concrètes de cette vie fraternelle : prière, rencontres, discernement et soutien mutuel.
Des défis humains et matériels
Cette évolution intervient dans un contexte de moyens humains et financiers plus contraints. Monseigneur Dupont a reconnu que certains services fonctionnent aujourd’hui avec des équipes réduites et que des ajustements seront nécessaires. L’accueil prochain de la direction diocésaine de l’Enseignement catholique sur le site de la Maison diocésaine constitue aussi un défi important. Ce projet entraînera des réorganisations matérielles et des évolutions dans l’occupation des espaces. Mais pour l’évêque, cette situation représente surtout une opportunité de renforcer les liens entre les différents acteurs diocésains. « Ce qui compte, c’est de vivre davantage la fraternité entre services », a-t-il insisté.
« Une magnifique vie de l’Esprit »
Tout au long de son intervention, Monseigneur Dupont a voulu replacer ces changements dans une perspective spirituelle. Plus qu’une simple réforme administrative, il s’agit selon lui de permettre au diocèse de mieux accueillir l’action de l’Esprit Saint et de servir la mission de l’Église aujourd’hui.« Nous sommes appelés à reconnaître la vie de Dieu et à la servir dans la fraternité », a-t-il conclu. Une orientation, sans cesse à ajuster et à approfondir, qui guidera désormais la vie des services diocésains à partir de la rentrée prochaine.