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À Pontmain, la Pastorale du Monde de la Santé appelée à « faire corps »

Sous un soleil généreux, près de 170 bénévoles et aumôniers de la Pastorale du Monde de la Santé se sont retrouvés au Sanctuaire de Pontmain pour une journée fraternelle et spirituelle mardi 17 mars dernier. Cette journée très riche a nourri chacun grâce à des enseignements et des témoignages permettant de relire le message de Pontmain à la lumière de l’Evangile et de percevoir la don de Dieu dans l’Eucharistie. 

Avec Marie, accueillir et porter le Christ

Les participants ont vécu une journée dense, marquée par la richesse des interventions et la profondeur des témoignages. Le matin, dans son enseignement, Monseigneur Matthieu Dupont, évêque de Laval, a développé une méditation sur Marie comme « tabernacle de Jésus », en s’appuyant à la fois sur l’Évangile de la Visitation et sur l’apparition de la Vierge Marie à Pontmain. Il a montré combien la Vierge Marie, en portant le Christ en elle, devient la première demeure vivante de Dieu parmi les hommes.

À travers le récit de la Visitation, quatre étapes éclairent le message de Pontmain. D’abord, Marie se met en route : elle porte Jésus et devient ainsi un « tabernacle mobile », allant à la rencontre d’Élisabeth. À Pontmain, cette dynamique est inversée : c’est Marie qui vient à nous, dans une attitude d’accueil, les mains ouvertes, sans susciter la peur.

Vient ensuite le salut. Marie salue Élisabeth, et à Pontmain, elle adresse un message simple et confiant : « Mais priez mes enfants… ». Une parole discrète, enracinée dans la prière, qui ouvre à la confiance en Dieu.

La troisième étape est celle de la joie, fruit de l’Esprit Saint. La rencontre avec Marie entraîne une transformation intérieure : à Pontmain, cette joie se manifeste par une paix profonde donnée à tout un peuple dans l’épreuve.

Enfin, Élisabeth reconnaît en Marie la mère de son Seigneur. De même, à Pontmain, la Vierge conduit à reconnaître la présence du Christ, notamment à travers la croix qu’elle présente : signe que Jésus est la clé du chemin et du salut.

À la lumière du concile Concile Vatican II, cette réalité ne concerne pas seulement Marie. L’Église tout entière est appelée à devenir « tabernacle de Jésus ». Comme Marie, elle porte le Christ et le donne au monde. À Pontmain, c’est toute une paroisse qui est invitée à redécouvrir cette présence du Christ en son sein, notamment dans la prière et dans l’Eucharistie.

Ainsi, contempler Marie comme tabernacle conduit à approfondir le mystère de l’Église elle-même : une communauté appelée à accueillir, porter et révéler le Christ. Cette présence ne relève pas du passé : elle se rend actuelle à chaque messe, où le Christ se donne réellement à son peuple.

 

Une mission vécue au quotidien pour la Pastorale du Monde de la Santé

Dans cette perspective, la Pastorale de la Santé a été présentée comme profondément mariale, appelée à rendre le Christ présent selon trois dimensions essentielles : présence, parole et prière. Entrer dans une chambre, c’est déjà manifester une présence habitée, à l’image de Marie. Porter la communion, c’est devenir, concrètement, ce tabernacle vivant qui donne le Christ.

La parole, quant à elle, n’est pas d’abord personnelle : elle est transmission de la Parole de Dieu, dans la simplicité et l’écoute. Enfin, la prière, vécue même à deux ou trois, rend le Christ réellement présent au cœur des rencontres.

Après la messe célébrée en la basilique de Pontmain, l’après-midi a été marqué par plusieurs témoignages forts. Anne a partagé la paix et la consolation reçues dans l’épreuve grâce à la communion et à la présence attentive de l’aumônerie. Une expérience qui a transformé son cœur et fait naître en elle un engagement nouveau.

Un autre éclairage est venu du témoignage d’Agnès, aumônier hospitalier, évoquant Saint Tarcisius, jeune martyr du IIIe siècle, comme figure inspirante pour porter l’Eucharistie avec foi. Elle a souligné combien ce service crée une véritable communion entre la communauté et les personnes isolées, parfois relevées intérieurement par cette rencontre.

Après les témoignages, le Père Franck Viel, prêtre accompagnateur du service diocésain de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle, a proposé un enseignement sur le sens de l’Eucharistie. Il a expliqué que le tabernacle pouvait être considéré comme la « tente de la rencontre », une porte du ciel ouverte sur la terre, remplissant deux fonctions essentielles. D’abord, il conserve l’Eucharistie pour les frères et sœurs malades, âgés ou handicapés privés de célébration. Ensuite, il manifeste la présence de Dieu au milieu du peuple, soulignant l’importance de visiter le tabernacle et de prendre soin du Christ.

Porter la communion signifie accueillir le Roi des Rois tout en portant également la prière des fidèles. Les porteurs sont un lien vivant entre la communauté et les personnes isolées. L’Esprit Saint aide à vivre cette union des cœurs. Envoyés par une bénédiction, les participants permettent à l’assemblée de prier pour les absents et d’élargir la communauté à ceux qui vont recevoir le Corps du Christ. 

Avant le temps d’échange entre les participants, le Père Michel Barrier, prêtre du diocèse de Laval, a témoigné de sa joie de porter la communion aux malades et aux personnes âgées. Pour l’Église, prendre soin des malades signifie visiter, apporter soulagement et renouveler les forces par le sacrement de l’Eucharistie. 

Une mission d’Église au service des plus fragiles

Dans cet esprit, les bénévoles de la Pastorale du Monde de la Santé sont envoyés en mission comme des « ponts » entre la communauté chrétienne et ceux qui ne peuvent participer à la célébration. Une mission vécue dans la simplicité, avec des attitudes fraternelles et une foi incarnée.

En conclusion de la journée, le Père Jimmy Couëffé, prêtre accompagnateur du service diocésain de la Pastorale du Monde de la Santé a souligné l’importance de cet engagement discret mais essentiel. Entrer dans la souffrance de l’autre n’est jamais anodin, mais cette présence compte, transforme et porte du fruit. Il a invité chacun à repartir fortifié, conscient de ne pas être seul, et habité par une espérance renouvelée.

Au moment du départ, la joie était visible sur les visages. Tous ont exprimé leur gratitude pour cette journée vécue dans la fraternité. Sous le regard de Notre Dame de Pontmain, chacun est reparti avec le désir d’être davantage témoin de la présence du Christ, là où la vie est fragile et précieuse.

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