22 janvier : Jean Turpin, le prêtre mayennais qui choisit la foi jusqu’au martyre

Chaque 22 janvier, notre diocèse fait mémoire du bienheureux Jean Turpin du Cormier et de ses compagnons, martyrs de la Révolution française. À Laval, en 1794, quatorze prêtres, rejoints par des religieuses et des laïcs, furent mis à mort pour avoir refusé de renier leur foi et leur fidélité à l’Église romaine. Leur témoignage, inscrit au martyrologe romain et béatifié en 1955 par Pie XII, demeure aujourd’hui encore une source d’inspiration pour la Mayenne.

Une fidélité jusqu’au martyre : l’histoire de Jean Turpin et de ses compagnons

Curé de la paroisse de la Trinité à Laval, l’abbé Jean Turpin du Cormier est l’une des figures marquantes de la persécution religieuse durant la Terreur. À la fin de l’année 1792, les prêtres âgés ou infirmes, jugés indéportables, sont emprisonnés au couvent des Cordeliers. En janvier 1794, quatorze d’entre eux sont traduits devant la Commission révolutionnaire de Laval.

Sommés de prêter serment à la Constitution civile du clergé, ils refusent, affirmant avec simplicité et courage leur attachement à la foi chrétienne.

« Je veux bien obéir au gouvernement mais je ne veux pas renoncer à la religion », déclare René Ambroise ;

« Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu’au dernier soupir », répond Jean-Baptiste Triquerie.

Le 21 janvier 1794, tous sont guillotinés place de la Révolution, aujourd’hui place de la Trémoille. Leur mort s’inscrit dans une vague plus large de persécutions qui, la même année, frappe aussi des religieuses et des laïcs mayennais.

Les martyrs de la foi en Mayenne : une mémoire vivante

Aux côtés de l’abbé Jean Turpin du Cormin, l’Église honore treize autres prêtres, parmi lesquels Jean-Marie Gallot, Joseph Pellé, René Ambroise ou encore Pierre Thomas, aumônier de l’hôpital de Château-Gontier. À eux s’ajoutent des religieuses — sœurs de la Charité d’Évron et Augustines Hospitalières — ainsi que plusieurs laïcs, tous unis par le même témoignage de fidélité.

Le 19 juin 1955, leur béatification par Pie XII reconnaît officiellement ce martyre « en haine de la foi ».

 

Plus de deux siècles après les événements, l’exemple du bienheureux Jean Turpin du Cormier et de ses compagnons continue d’interroger notre foi. Leur fidélité paisible, sans violence ni haine, invite les chrétiens d’aujourd’hui à unir foi et conscience, même lorsque les choix sont coûteux. 

 

À l’heure où les convictions religieuses peuvent être mises à l’épreuve par l’indifférence, ces martyrs mayennais nous rappellent que la foi se vit d’abord dans la cohérence de la vie quotidienne et le respect de ses engagements. La fête du 22 janvier n’est pas seulement un souvenir historique pour notre diocèse : elle est un appel actuel à la fidélité.

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