Une femme au service de la Divine Miséricorde : Mère Thérèse Rondeau

Notre diocèse abrite de saintes femmes qui n’ont eu de cesse d’œuvrer pour le Seigneur et le Salut des âmes. Le 8 mars est l’occasion de se pencher sur l’une d’elles : Mère Thérèse Rondeau, co-fondatrice des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde. Elle a œuvré toute sa vie à relever des femmes mises au ban de la société.

Mère Thérèse Rondeau naît sous la Révolution en 1793 et reçoit le baptême le 6 octobre, clandestinement, par un prêtre réfractaire, hébergé par ses parents. À partir de 1795, les édifices et écoles religieuses rouvrent peu à peu. Thérèse rejoint alors l’école de la Providence, ouverte par les Sœurs de la Charité d’Évron.

Un appel surprenant

Sa rencontre avec le Père Chanon lors de la mission de 1816 est déterminante pour la suite de sa vocation. En effet, ce dernier a le souci de créer un refuge pour héberger les jeunes femmes en difficulté et propose à Thérèse de s’occuper bénévolement de trois jeunes femmes « perdues », autrement dit des prostituées.

 

En parallèle, elle se dit appelée par le Seigneur et peut entrer à la communauté du Sacré-Cœur à la seule condition de ne plus avoir la charge des jeunes filles. Pendant son discernement, le Père Chapelle, doué de charismes, lui déclare :

 

« Dieu vous appelle à une maison non cloîtrée, pas encore fondée ; vous iriez contre Sa volonté en rentrant dans une autre communauté ! Vous aurez de nombreuses et grandes difficultés matérielles ; vous connaîtrez des brimades : mais courage, soyez en paix ! Dieu vous appellera quand viendra le temps. »

 

Thérèse accepte à contre cœur tout en poursuivant sa mission auprès des femmes déchues.

 

Appréciée de nombreuses familles de notables, elle trouve auprès d’elles secours et aides financières pour ses jeunes filles. En 1818, elle rencontre Marie-Thérèse de Lamourous, Mère supérieure d’un refuge appelé « La Miséricorde » à Bordeaux. Après plusieurs mois de formation ardue auprès de ces pensionnaires de Bordeaux, Thérèse est autorisée à revêtir l’habit religieux et à entrer en noviciat. Elle peut enfin rentrer à Laval.

Une patience à toutes épreuves

Elle passe par Le Mans pour demander à l’évêque l’agrément pour la future fondation. Ainsi ouvre la « Petite Miséricorde » rue de Paradis, sous tutelle de la Miséricorde de Bordeaux. « La Miséricorde » de Laval n’obtiendra sa reconnaissance officielle des autorités civiles qu’en 1825. Mais Thérèse est d’une patience à toutes épreuves. Elle est encore novice et la « Bonne Mère » de Bordeaux reporte sans cesse la prononciation de ses vœux définitifs. Malgré cela, elle garde la foi et continue d’agrandir les bâtiments pour pouvoir accueillir toujours plus de jeunes filles abîmées par la vie : elles seront jusqu’à 500 en 1865 ! Elle leur accorde un soin attentif à celles qu’elle appelle ses « filles », au cœur d’un emploi du temps quasi monacal pour éviter l’ennui et la rechute qu’il pourrait provoquer chez ses pensionnaires. Elle n’aura de cesse de croire en la miséricorde pour chacune.

 

 

De 1838 à 1866, année de sa mort, Thérèse est terrassée physiquement par de nombreuses maladies invalidantes auxquelles s’ajoutent des événements sociaux qui gênent la bonne gestion de la « Maison ». Cela ne l’empêche pas de garder foi en Dieu et de gérer sa maisonnée. De nombreuses personnes prient pour elle et « La Miséricorde » trouve régulièrement et providentiellement de quoi nourrir les pensionnaires sur lesquelles Thérèse continue de veiller, vaille que vaille :

 

« J’adore tous les attributs de Dieu ; je m’anéantis en présence de Sa grandeur, Sa puissance, Sa justice, mais, en adorant cette divine justice, je Lui dis : gardez-la pour Vous, ô mon Dieu ! Ne l’exercez ni envers mes enfants ni envers moi ! Tandis que Sa miséricorde me ravit par-dessus tout autre : je la bénis, je l’exalte de toutes les puissances de mon âme et je l’appelle sans cesse sur mes filles et sur moi. »

Une femme d’initiative

Dans les années 1830, Thérèse achète, en dehors de Laval, les terres qui hébergeront la future chapelle de Saint-Joseph-des-Champs et qui permettent ainsi de cultiver de quoi nourrir la Maison de la rue de Paradis, même si elles se trouvent à deux heures de marche.

 

Malgré la maladie, Thérèse reste disponible pour le développement de son œuvre de Miséricorde. À Quimper, une Maison ouvre en 1855, suivie d’une autre en Pologne en 1862, où Sœur Faustine aura la révélation de la Miséricorde de Jésus en 1925.

 

À la veille de sa mort, ne se nourrissant plus que du Pain de la Communion, elle confie la Communauté à la protection de Marie, Mère de Miséricorde. Elle décède à 72 ans, après 48 ans d’apostolat, comme en témoigne la dalle de marbre blanc dans l’enceinte de la Miséricorde.

 

Son œuvre se poursuivra bien après elle avec les Sœurs de la Miséricorde, soucieuses de faire rayonner l’Église et d’accueillir tous ceux qui frappent à leur porte.

 

Source : Thérèse Rondeau notre Mère, fascicule édité en 2016 pour les 150 ans de la mort de Thérèse Rondeau. Archives historiques diocésaines.

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