« Un prêtre, ce n’est pas un don qu’on fait à l’Église : c’est un don que Dieu fait à tous »
Dans le cadre de l’année de prière pour les vocations sacerdotales, le diocèse de Laval donne la parole à des parents dont l’un des enfants est devenu prêtre. Ce mois-ci, les parents du Père Vincent, prêtre mayennais, ont partagé leur témoignage.
Une vocation enracinée dans l’enfance
« Moi, je n’ai rien donné du tout, parce qu’un enfant, ce n’est pas à nous. On ne le fait pas pour soi, on le fait pour lui », témoigne le père du prêtre.
Pour ce couple, la vocation de leur fils n’a jamais été une surprise : dès l’école primaire, Vincent exprimait son désir de devenir prêtre. À 12 ans, il le disait encore avec conviction : « Non, moi, je serai prêtre. »
Si l’appel de leur fils a été accueilli avec joie, il n’a pas pour autant été idéalisé. « On attendait de voir. C’était une possibilité parmi d’autres. Ce qui comptait, c’était qu’il soit heureux. »
Un accompagnement discret mais essentiel
Guidés par le curé de leur paroisse, les parents ont découvert avec leur fils le groupe Recherche du service des vocations. Une étape décisive dans le discernement de Vincent, qui a pu cheminer entouré d’autres jeunes animés du même désir. « Il n’était pas seul. Il revenait toujours heureux. C’était un signe. »
Les parents soulignent l’importance de cet accompagnement, tant pour le jeune que pour eux. « Ce n’est pas facile à cet âge-là de se dire qu’on veut être prêtre. Être entouré, c’est précieux. »
Une entrée jeune au séminaire… et un long chemin
Vincent est entré en année propédeutique à 17 ans, avec une dérogation. « Une des plus belles années de sa vie », raconte son père. « Pas d’examens, beaucoup de prière, la vie fraternelle… Il était heureux. »
Mais le chemin vers le sacerdoce a duré près de dix ans. Entre temps, il a vécu trois années d’études profanes – en histoire de la littérature – pour mûrir son discernement. « Ce temps lui a permis de se confronter à d’autres jeunes, à d’autres mondes. Il a témoigné. Et à son ordination, certains sont venus alors qu’ils n’étaient jamais entrés dans une église. »
Une vocation qui transforme la famille
Avoir un fils prêtre, est-ce que cela change la vie d’une famille ? « Ce n’est pas toujours simple de se retrouver tous ensemble, avec ses obligations pastorales. Mais chaque rencontre est précieuse. Et quand il célèbre la messe à la maison, c’est une grâce immense. »
Leur foi, elle aussi, s’en est trouvée renouvelée. « On s’est posé des questions, on a creusé. Et puis, quand on a un doute sur un sujet, on lui demande ! »
Voir l’Église de l’intérieur
Les parents de Vincent ont aussi pris conscience de la richesse et de la complexité de l’Église. « On ne connaît pas toujours les prêtres. On ne sait rien ou presque de leur formation. Avoir un fils prêtre, ça nous a permis de découvrir tout cela de l’intérieur. »
S’ils disent n’avoir jamais eu peur pour leur fils, ils confient une vigilance : « Ce n’est pas le péché dans l’Église qui nous inquiète. Le Christ est ressuscité. Ce qui nous préoccupe, c’est la charge. Le rythme. La solitude parfois. »
Un appel à faire confiance
Leur témoignage s’adresse aussi à d’autres parents : « Si votre enfant exprime un appel, ne restez pas seuls. L’Église propose des lieux pour accompagner, pour écouter, pour discerner. Et jusqu’à la veille de l’ordination, il reste libre. C’est une vraie sagesse. »
Le couple rappelle que la vocation d’un prêtre ne naît pas dans un cocon, mais dans une vie ordinaire, nourrie d’amour, d’écoute et de foi. Et que chaque vocation est un don – non pas que l’on fait, mais que l’on reçoit.