Pourquoi fête-t-on l’Ascension ?
Jeudi 29 mai 2025, quarante jours après Pâques, nous célébrons la fête de l’Ascension. Mais que signifie vraiment cette montée de Jésus vers les cieux ? Quelle est sa portée spirituelle pour nous aujourd’hui ?
L’Ascension, quarante jours après Pâques
La fête de l’Ascension commémore la montée de Jésus-Christ auprès de Dieu son Père. Elle est célébrée quarante jours après Pâques, conformément au récit des Écritures. Après sa Résurrection, Jésus continue d’apparaître à ses disciples pendant quarante jours, puis il les quitte physiquement pour entrer dans la gloire de Dieu.
Les textes bibliques rapportant cet événement se trouvent dans l’Évangile de Marc (Mc 16, 19), l’Évangile de Luc (Lc 24, 51) et surtout dans les Actes des Apôtres (Ac 1, 6-11), où il est écrit :
« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins […] jusqu’aux extrémités de la terre. »
Puis, sous leurs yeux, Jésus s’élève et disparaît dans une nuée.
Une présence nouvelle, invisible mais réelle
L’Ascension marque la fin du temps des apparitions du Ressuscité. Pourtant, le Christ n’abandonne pas ses disciples. Il leur promet la venue de l’Esprit Saint dix jours plus tard, à la Pentecôte. Jésus n’est plus visible, mais sa présence devient intérieure et universelle : dans sa Parole, dans les sacrements, en particulier l’Eucharistie, dans son Peuple et dans ses ministres ordonnés (évêques, prêtres, diacres).
Le jour de l’Ascension, les prêtres portent des vêtements liturgiques blancs, couleur de la lumière, de la joie et de la fête, car cette solennité annonce la victoire de Jésus sur la mort et son exaltation auprès du Père.
L’Ascension, un acte de foi et une mission
Croire que le Christ est monté au ciel ne relève ni de la magie ni d’un départ vers une galaxie lointaine. Il s’agit d’un mystère de foi : monter aux cieux, c’est entrer dans la plénitude de l’amour de Dieu, dans cet état que le Catéchisme de l’Église catholique appelle le « bonheur suprême et définitif ».
Ce départ visible de Jésus est aussi une invitation à l’engagement. Les anges le rappellent aux apôtres restés les yeux levés :
« Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac 1, 11)
Aujourd’hui encore, cette parole résonne comme un appel : l’Ascension envoie les chrétiens dans le monde pour porter la Bonne Nouvelle. Libres d’aimer, ils sont invités à discerner les signes de la présence du Christ et à en témoigner par toute leur vie.
Les messes de l’Ascension dans le diocèse de Laval
Pour aller plus loin
SERMON DE SAINT AUGUSTIN POUR L’ASCENSION
« Dieu nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus »
Aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.
Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : Vous êtes ressuscités, avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.
Il a déjà été élevé au-dessus des cieux ; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Et il avait dit aussi : J’avais faim, et vous m’avez donné à manger.
Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.
Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. ~
Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.
C’est bien pourquoi saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps.
Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.
Source AELF.