Notre évêque inaugure le Brassoir de l’Abbaye du Port-du-Salut en présence de la Préfète

Ce vendredi, élus, bénévoles, habitants et partenaires se sont réunis pour inaugurer le « Brassoir », premier espace ouvert au public dans le vaste projet de renaissance du site monastique.

Installé dans l’ancienne porterie de l’abbaye, ce lieu de convivialité marque le début concret d’un projet plus large porté par le fonds de dotation du Port-du-Salut : faire vivre cet héritage spirituel, culturel et humain à travers l’accueil, la formation et la vie familiale.

Une continuité avec des acteurs différents

Dans son intervention, Monseigneur Matthieu Dupont a souligné la portée symbolique du choix de la porterie pour lancer cette aventure.

« La porterie était cette interface entre le monde extérieur et le monde intérieur », a rappelé l’évêque, évoquant la tradition bénédictine d’accueil : « Toute personne qui frappe à la porte de l’abbaye doit être accueillie comme le Christ. »

Pour lui, le Brassoir s’inscrit dans une véritable continuité de l’histoire du lieu, malgré le départ progressif des moines cisterciens.

« Ce Brassoir ne prend pas sa place n’importe où », a-t-il insisté, voyant dans cette ouverture « le signe d’une continuité avec des acteurs différents ».

L’évêque a également rappelé l’importance de la règle de saint Benoît, résumée par les mots « ora et labora » — prière et travail — qui inspirent encore aujourd’hui le projet du Port-du-Salut.

« Dans les travaux de la main, dans l’enseignement qui sera donné, dans l’éducation intégrale, ces deux aspects pourront être vécus ici », a-t-il déclaré.

Enfin, il a insisté sur une autre dimension du lieu : l’écoute.

« Ce lieu sera propice pour goûter le silence, écouter les oiseaux, mais aussi s’écouter réellement en famille. »

Une « renaissance » pour le territoire mayennais

Présente pour l’inauguration, la préfète de la Mayenne a salué « un événement qui fait sens », dépassant largement l’ouverture d’une simple buvette.

« Il s’agit davantage d’une renaissance », a-t-elle affirmé, évoquant « une première pierre » appelée à être suivie d’autres réalisations.

Elle a particulièrement insisté sur la valeur du travail, historiquement portée par les moines cisterciens et aujourd’hui reprise par les nombreux bénévoles engagés dans le projet.

« Vous faites œuvre de transmission », a-t-elle déclaré, en évoquant notamment les futures formations professionnelles prévues sur le site.

Ces formations, tournées vers des métiers manuels et d’avenir — maçonnerie du bâti ancien, aménagement paysager, peinture-décoration ou artisanat d’art — doivent accueillir leurs premiers élèves à partir de 2027.

Pour la représentante de l’État, le projet rejoint profondément l’identité mayennaise, « au croisement du monde rural, de l’environnement, de l’innovation et du développement économique ».

Un projet porté par une cinquantaine de bénévoles

Le président du fonds de dotation, Patrice de La Théardière, est revenu sur la genèse du projet.

Après la décision de la communauté cistercienne de quitter progressivement l’abbaye, un groupe de réflexion s’est constitué à la demande du diocèse de Laval afin d’imaginer un avenir pour le site.

« Nous avons conscience d’emmener un projet d’envergure pour pérenniser l’accueil et la transmission dans un lieu chargé d’histoire, spirituel et culturel », a-t-il expliqué.

Aujourd’hui, près de cinquante bénévoles participent à cette aventure.

Le projet s’articule autour de trois grandes missions :

  • une mission d’accueil et d’hospitalité ;
  • une mission de formation ;
  • une mission familiale.

Le Brassoir et le magasin de produits locaux ont ouvert le 29 avril dernier. L’hôtellerie doit suivre dans les prochains mois, tout comme un musée consacré à l’histoire des moines et du célèbre fromage Port-Salut.

Un lieu ouvert à tous

Au cœur du projet : faire du Port-du-Salut un lieu de ressourcement accessible à chacun.

« Toutes les familles sont accueillies, quelle que soit leur histoire et leur situation », a souligné Patrice de La Théardière.

Week-ends familiaux, séjours, temps de reconstruction, formations humaines et professionnelles : les responsables souhaitent faire du site « un lieu où l’on peut se poser, se former et se construire ».

L’inauguration du Brassoir marque ainsi la première étape visible d’un chantier appelé à transformer durablement le visage du Port-du-Salut, tout en restant fidèle à son histoire d’accueil et de transmission.

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