L’Espace Missionnaire, c’est quoi ?

Une situation donnée 

Lors de son arrivée début 2024, notre nouvel évêque, Monseigneur Matthieu Dupont, a été confronté à une question urgente : il n’y avait plus, dans le diocèse de Laval, assez de prêtres pour envoyer en mission un curé dans chaque paroisse. Il lui fallait trouver une solution rapidement, une solution qui permette de garder l’espérance au cœur et la joie d’annoncer l’Évangile sur tout le territoire de Mayenne !

 

A germé l’idée d’un Espace Missionnaire. Un Espace où des paroisses resteraient paroisses, sans pour autant avoir un curé à sa tête. Un sérieux défi et un enjeu considérable, comme un petit tremblement de terre, tout de même… Et pour aider et encourager les paroisses, un trio missionné pour ces huit paroisses. Deux prêtres et une laïque : père Franck Viel, père Maxime Beucher et Élisabeth Jacob.

Oui, mais comment ?

Monseigneur Matthieu Dupont, dans sa Lettre Pastorale du lundi de Pentecôte 2024, nous donne une feuille de route. Une feuille de route inspirée du Synode Diocésain  vécu entre 2018 et 2021 par notre diocèse. Et lors de ses vœux du 13 janvier 2024, une phrase va devenir comme un phare que notre Espace Missionnaire ne quittera plus des yeux :

 

« La mission, c’est la vie de l’Eglise qui déborde ! »

Fort de cette phrase, le trio va se mettre à sillonner les huit paroisses pour aller tout d’abord écouter puis encourager, et même entraîner ses huit paroisses à faire de cette étape douloureuse (une paroisse sans curé) un tremplin pour devenir des paroisses missionnaires ! Sans pour autant que l’Espace Missionnaire devienne une sorte de super-grande-paroisse ! Il se vit des choses dans les paroisses déjà, et la flamme missionnaire ne fera que grandir dans ces lieux où les gens se connaissent, se repèrent !

 

Pour le moment, il n’y a pas assez de curés pour mener les troupeaux, mais il y en aura de nouveau un jour, nous en sommes certains car nous prions pour ça ! Et quand, à nouveau, un curé arrivera dans la paroisse de Saint-Nicolas-du-Haut-Maine, ou la paroisse Notre-Dame-du-Bignon, ou n’importe laquelle des huit paroisses de l’Espace Missionnaire, il faut tout faire pour que ce soit une paroisse bien vivante qui l’accueille !

 

Car il y a beaucoup de choses qu’une paroisse peut vivre sans curé. Une paroisse, c’est un peuple de chrétiens qui prient, qui portent attention aux plus pauvres, qui aiment parler de leur joie de connaître Jésus et partager ce que cela change dans leur vie !

 

Monseigneur Matthieu Dupont a donné, toujours dans sa Lettre Pastorale, quatre grandes lignes à suivre pour démarrer cette aventure : le trio, aidé de 6 prêtres (pères Michel Barrier, Marcel Nezan, Jo Cousin, Dieudonné Bambara, Christian Van Dorpe, Jomy Kizhakkekollithanath) et 4 diacres (Jean-Claude Foubert, Loîc Guiouillier, Daniel Ruault, Jean-François Claudot) veillera à « la célébration dominicale dans les paroisses, à l’émergence de fraternités autour des clochers, à la célébration des funérailles avec les Guides de Funérailles et enfin à l’accompagnement des personnes isolées notamment dans les EHPAD. Ils accompagneront les fraternités afin qu’elles vivent pleinement l’Évangile. »

Quelques mois après…

Et bien, quelques mois après, bon nombre de kilomètres sont venus s’ajouter aux compteurs du trio de l’Espace Missionnaire ! Le but de tous ces déplacements est de veiller sur les paroisses, de prendre soin de ce changement qui bouleverse plus de 1000 ans de façon de faire. Et la joie de ce trio, c’est en premier lieu de contempler ce qui se vit déjà de très beaux dans ces huit paroisses : la foi, la charité, l’espérance sont bien présentes au cœur de beaucoup, et certains ne font pas beaucoup de bruit mais œuvrent à la mission, discrètement, patiemment… ceux qui prennent soin des églises, ceux qui prennent soin des personnes isolées, ceux qui veillent au bon fonctionnement de la paroisse…

 

Autre joie, voir des petites pousses de missionnaires ! Voir les cœurs s’ouvrir, après l’acceptation de ce grand changement, pour devenir de plus en plus disciples missionnaires.

 

« Là où deux ou trois sont réunis, Je suis là au milieu d’eux ».

L’enjeu pour le futur, est de faire de toutes ces petites pousses, de tout ce qui se vit déjà, des fraternités visibles dans nos villes et nos villages. Des fraternités missionnaires, qui permettront à tous de voir ce que ça fait de suivre Jésus ! Que tous dans les villages, dans les villes, puissent se dire : oui, il y a des chrétiens, je les ai rencontrés !

 

P. Franck Viel, P. M. Beucher et Élisabeth Jacob

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