L’aumônerie : présence de l’Église au centre hospitalier
Nadine et Fabrice sont aumôniers du centre hospitalier du Nord-Mayenne. Ils nous présentent leur service.
En quoi consiste la mission de l’aumônerie de l’Hôpital de Mayenne ?
Nous sommes deux aumôniers, à mi-temps. Le centre hospitalier de Mayenne comprend plusieurs unités : hôpital général, maisons de retraite, pôle santé mentale, accueil Saint Martin…
L’aumônerie intervient à l’hôpital général sur demande du patient ou de sa famille ; demande formulée auprès du personnel soignant. Ces temps de rencontre peuvent être de « simple visite » humaine mais elles peuvent aussi être des propositions de vivre le sacrement des malades avec la présence du prêtre, de donner la communion ou de vivre la prière de recommandation pour les personnes en fin de vie. Avec les malades et les familles nous échangeons et nous prions.
Dans les EHPAD, nous allons régulièrement faire des visites dans les chambres. Nous y allons très librement pour des partages avec les résidents, faire des promenades à pied dans l’immense site de l’hôpital. Nous proposons de célébrer l’eucharistie le dimanche matin avec le prêtre référent en Santé Mentale et une vingtaine de résidents. Des messes sont aussi proposées en semaine dans les Ehpad.
Pour nous aider dans cette mission, nous pouvons compter sur 21 bénévoles qui nous aident pour le transport des malades de leur lieu de résidence à la chapelle de l’hôpital. C’est une grosse organisation dont les aumôniers sont responsables. Nous leur proposons des rencontres de relecture. Nous sommes en contact avec les malades, les résidents mais aussi auprès le personnel soignant avec qui nous vivons une relation particulière. Nous vivons une pastorale des couloirs, pourrions-nous dire. Nous sommes des soignants spirituels complémentaires des soignants médicaux. Nous avons également mis en place des ateliers avec des jeunes de Don Bosco pour visiter les résidents ou les patients du pôle santé mentale. C’est intergénérationnel et cela apporte autant aux jeunes qu’aux personnes malades.
Et au centre psychiatrique ?
L’aumônerie est un lieu d’écoute et de partage. Il faut prendre le temps de créer un climat de confiance, d’égal à égal. Les patients font très bien la différence entre nous aumôniers et le personnel médical avec lequel nous sommes en contact régulier. Les projets d’activités proposés sont très concrets. Cela va de la confection d’un gâteau à la réalisation d’une crèche ou, pour certains, le recueillement sur une tombe au cimetière. À chaque fois, ce sont eux qui sont acteurs de leur projet : ils choisissent eux-mêmes la fleur qu’ils déposeront sur la tombe, ils définiront le tissu qui sera utilisé pour la crèche… Des temps de prière et de partage de la Parole de Dieu ont lieu régulièrement. Un dimanche sur trois, une messe est célébrée à la chapelle.
Le dimanche n’est pas un jour comme les autres. Ils s’habillent avec soin, sortent pour aller à la messe. Ils ont besoin de travailler sur leur image et sur l’estime d’eux-mêmes. Ils veulent se sentir reconnus car ils se sentent souvent abandonnés. « Jésus, il en a de la chance, il n’était pas seul ; il avait Marie, Joseph, l’âne et le bœuf » confiait à Nadine un jour une patiente.
Pour eux, le premier commandement n’est pas « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » mais « Tu aimeras ton prochain comme tu es aimé ». Ils ont une grande profondeur de foi. Nous sommes des confidents. Pour créer ce climat de confiance, nous essayons d’être vrais et ne pas nous cacher derrière un masque.
Et pour conclure ?
Pour bien vivre cette mission, il faut être dans la gratuité avec eux car ils nous ramènent sans cesse à l’essentiel. C’est le partage et la fraternité. Le moindre geste est vécu intensément. Tout ce travail ne peut se faire qu’avec l’aide de nombreux bénévoles et du personnel médical mais cette mission est passionnante ; c’est une très belle expérience à vivre car nous recevons plus que nous ne donnons !
Merci à Nadine et Fabrice pour leur témoignage recueilli par Marie-Charlotte Demange pour la revue Pépites.