À Évron, un festival met à l’honneur l’Art Sacré depuis plus de 20 ans

Depuis plus de vingt ans, chaque début juillet, la basilique d’Évron accueille le Festival des Arts Sacrés. Organisé par la Ville d’Évron, cet événement est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique sacrée.

Pour Sophie Lechat-Gatel, maire déléguée d’Évron, le festival est d’abord une proposition culturelle. « Notre vocation n’est pas de faire de la catéchèse. Ce qui nous intéresse, c’est le bagage culturel porté par ce lieu et par ces musiques, qui ont, pour la plupart, été composées pour être jouées dans des églises. La basilique est l’écrin idéal pour les accueillir. » Chaque année, la programmation explore différentes périodes de l’histoire de la musique sacrée : du chant médiéval au gospel, en passant par la Renaissance et le répertoire baroque. La maire souligne également l’attachement profond des habitants à la basilique : « Les Évronnais, qu’ils soient pratiquants ou non, ont un lien viscéral avec ce monument. C’est l’identité d’Évron. »

Une basilique qui se découvre par la musique
 
 
Pour Emmanuel d’Erceville, directeur du service Patrimoine de la Communauté de communes des Coëvrons, la basilique mérite d’être découverte autrement qu’à travers une simple visite guidée. Construite entre la fin du Xe siècle et le XIIIe siècle autour de l’ancienne abbaye bénédictine et de la légende de Notre-Dame de l’Épine, elle constitue un remarquable témoignage de l’architecture religieuse médiévale. « Après la restauration complète de l’édifice, nous avons voulu permettre au public de vivre le lieu autrement. L’objectif n’était pas seulement d’apprendre des dates ou des faits historiques, mais de ressentir une émotion grâce à la musique. » Le festival cherche ainsi à rendre la musique sacrée accessible à tous. « Nous ne demandons pas aux spectateurs de tout comprendre. Nous voulons simplement qu’ils se laissent toucher. » Cette volonté se traduit par une programmation éclectique, où des artistes reconnus interprètent aussi bien des œuvres anciennes que des créations plus contemporaines. Chaque édition est construite autour d’un thème. En 2026, celui des « Racines » invite à parcourir les différentes traditions musicales qui ont façonné le patrimoine spirituel européen et méditerranéen.
Une musique qui élève
 
Parmi les spectateurs rencontrés, Pierre-Elie voit dans la musique sacrée bien davantage qu’un patrimoine artistique. « La musique sacrée est au cœur de l’histoire de la musique occidentale. Pendant des siècles, c’est elle qui a porté la création musicale. Elle permet de s’élever et, pour moi, elle est, avec le silence, l’un des plus beaux chemins vers la foi. »
 
Il souligne également la qualité des ensembles invités, venus de toute la France et d’Europe, qui trouvent dans la basilique un cadre exceptionnel grâce à son acoustique. Selon lui, l’expérience vécue dépasse largement le simple concert : « Les personnes arrivent avec leurs préoccupations et repartent souvent plus légères. On ne sait pas toujours ce qui se passe dans leur cœur, mais cette musique ne laisse personne indifférent. »
Un dialogue fécond entre la Ville d’Evron et la paroisse
 
Le Festival des Arts Sacrés repose enfin sur une collaboration étroite entre la Ville d’Évron et la paroisse affectataire de la basilique. Comme le rappelle Emmanuel d’Erceville, chaque programmation est élaborée en concertation afin de respecter la vocation du lieu tout en proposant une offre culturelle de qualité. « Le secret, c’est le dialogue. Lorsque chacun connaît son rôle et que l’on travaille ensemble, il est possible de proposer des concerts qui respectent pleinement la basilique tout en permettant au plus grand nombre de découvrir la richesse de la musique sacrée. »

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