L’hospitalité ND de Lourdes en Mayenne s’exprime directement au pape
Lors de sa visite à l’Accueil Notre-Dame à Lourdes, Alain Baty a eu l’occasion de prendre directement la parole devant le pape. Médecin et hospitalier, il a livré un témoignage personnel sur son engagement auprès des personnes malades et fragiles. Une parole simple et concrète, qui dépasse son expérience personnelle et dans laquelle chacun peut se reconnaître.
« Votre Sainteté,
Laval, ville où j’exerce comme médecin depuis 40 ans, possède dans le hall de son hôpital la devise d’Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, mort au XVI siècle : « Je le pansai, Dieu le guérit. » Magnifique humilité du médecin : soigner nécessite de se donner, de partager notre humanité, en refusant de réduire notre mission au verbe avoir ou au verbe être, mais bien de la vivre au verbe aimer.
Lourdes permet de faire le plus beau des voyages en allant à la rencontre de l’autre, et tout particulièrement des plus fragiles, qui nous offrent le cadeau de nous révéler notre propre vulnérabilité. Don merveilleux de cette relation servi-serviteur, qui ne peut être accueilli qu’en le vivant.
Lourdes est joie. En servant nos frères et sœurs malades, c’est Dieu que nous servons — en étant le Samaritain, l’aubergiste, et pourquoi pas tout simplement la monture. Nous recevons en ce lieu tant de grâces que le désir d’y revenir au plus vite nous étreint,
pour dire merci ! En nous faisant parcourir le chemin de conversion que la Vierge Marie a transmis à Ste Bernadette, Lourdes permet à chacun de prier pour sa guérison en recevant la certitude du pardon. Ce cheminement a personnellement bouleversé ma façon
d’être médecin : accepter de partager une parcelle d’humanité chaleureuse en tenant la main de celui qui souffre, ne jamais oublier de remercier le Seigneur chaque matin pour cette journée qui s’offre.
« Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre », a dit la Vierge à Bernadette le 18 février 1858. La souffrance reste un mystère, mais accompagnée, soulagée, apaisée, elle nous permet de comprendre ces mots de Charles Péguy
: « L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. »
On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort. Je rappelle simplement les paroles du serment que j’ai prononcé en janvier 1987 :
« Je ferai tout pour soulager les souffrances.
Je ne prolongerai pas abusivement les agonies.
Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »
Retrouvez le discours du Docteur Alain Baty dans la vidéo « Souvenirs du voyage du Pape Léon XIV en France : les meilleurs moments des mayennais ! »