Le dossier de la cause de béatification de l’abbé Michel Guérin est arrivé au Vatican
La cause en béatification de l’abbé Michel Guérin vient de franchir une étape majeure. Mardi 21 juillet, les actes de l’enquête diocésaine ont été officiellement remis au Dicastère pour les Causes des Saints, au Vatican. Ce dépôt marque le début de la phase romaine de la procédure, une étape essentielle avant un éventuel décret reconnaissant les vertus héroïques du célèbre curé de Pontmain.
Un voyage exceptionnel pour un chargement exceptionnel
Tout a commencé à l’aube du lundi 20 juillet. Chargé par Mgr Matthieu Dupont de la mission de « courrier », l’abbé Vincent de Rochambeau a quitté la Mayenne en direction de Rome avec un chargement particulièrement précieux.
Le dossier représentait plusieurs années de travail et ne pouvait être confié ni à une compagnie aérienne ni à un transport classique. Pour garantir sa sécurité, quatre caisses, généreusement prêtées par l’entreprise mayennaise Poisson Déménagement, ont été utilisées afin de transporter les 16 boîtes scellées à la cire contenant les actes officiels de l’enquête.
Au total, ce sont près de 3 250 kilomètres qui ont été parcourus, soit 17 h 30 de route à l’aller… et autant pour le retour.
Quatre mille pages retraçant la vie de l’abbé Guérin
Ces seize boîtes renferment près de 4 000 pages de documents. Témoignages, archives, manuscrits, études historiques et rapports ont été réunis selon les règles particulièrement rigoureuses de l’Église pour les causes des saints.
Ce travail est l’aboutissement de longues années d’enquête. Le 16 juin dernier, la clôture officielle de la phase diocésaine était célébrée.
Ouverte par Mgr Thierry Scherrer, en collaboration avec le diocèse du Mans, cette enquête avait pour objectif de recueillir tous les éléments permettant de mieux connaître la vie, les vertus et la réputation de sainteté de l’abbé Michel Guérin.
En 2013, Anne Bernet avait été nommée postulatrice diocésaine. Son travail a notamment conduit à la publication, en 2022, de la biographie La simplicité et la grâce. Une commission historique a également remis son rapport en 2019.
Après un ralentissement dû à la crise sanitaire et à la vacance du siège épiscopal de Laval, l’enquête a été relancée en 2025 sous l’impulsion de Mgr Matthieu Dupont et d’une équipe renforcée, permettant son aboutissement.
L’arrivée au Vatican
À Rome, l’abbé Vincent de Rochambeau a été accueilli par don Rémi, prêtre de la Communauté Saint-Martin. En mission depuis une dizaine d’années au sein du Dicastère pour les Causes des Saints, il est chargé de recevoir les dossiers envoyés par les diocèses et les communautés du monde entier.
La remise officielle des actes marque désormais l’entrée de la cause dans sa phase romaine.
Profitant de ce déplacement, l’abbé Vincent de Rochambeau s’est également rendu dans les grottes vaticanes, près du tombeau de saint Pierre, afin de lui confier la cause de l’abbé Guérin.
Une nouvelle étape commence
Dans les prochaines semaines, Mgr Matthieu Dupont nommera un postulateur romain. Sa mission sera d’accompagner le dossier auprès des instances vaticanes, d’apporter les précisions demandées et de défendre la cause tout au long de son examen.
Cette étape est déterminante : c’est à Rome que sera étudié l’ensemble du travail réalisé dans le diocèse.
L’enquête médicale se poursuit
Parallèlement à l’étude des vertus de l’abbé Guérin, une enquête médicale est actuellement en cours.
Plusieurs guérisons attribuées à son intercession font déjà l’objet d’analyses approfondies. Comme pour toutes les causes de béatification, ces investigations sont conduites avec une très grande rigueur scientifique.
Des médecins examinent chaque dossier afin de déterminer si certaines guérisons demeurent inexplicables au regard des connaissances médicales actuelles. Si tel était le cas, leur reconnaissance éventuelle comme miracle relèverait ensuite de la compétence du Saint-Siège.
Avec l’arrivée des actes de l’enquête à Rome, une nouvelle page s’ouvre désormais pour la cause de l’abbé Michel Guérin. Si le chemin reste encore long, cette étape marque une avancée décisive dans le processus qui pourrait conduire, un jour, à sa béatification.